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CSEM   Reggan

 

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mise � jour 07 mars 2009

Cette page s'efforce de d�crire l'environnement dans lequel l'auteur a pass� seize mois en 1960-1961. Toute correction � des souvenirs impr�cis ou biais�s sera la bienvenue.

L'organisation des essais nucl�aires sur la base de Reggan mettait en �uvre des moyens importants, d'une organisation complexe car les relations entre intervenants n�cessitaient parfois des arbitrages au niveau minist�riel � Paris. Le financement des op�rations �tait fait dans le budget des Arm�es sur les ressources propres  des unit�s affect�es, mais aussi sur le compte sp�cial des ressources du premier ministre (appel� souvent fonds secrets) et sur lequel le colonel commandant le CSEM pouvait tirer pour financer les op�rations exceptionnelles ou impr�vues.

Les conditions de vie � Reggan seront abord�es dans la page suivante ainsi que les �v�nements qui ont marqu� ce s�jour. Bien entendu, l'exp�rience d'un jeune officier du contingent ayant pass� seize mois au Sahara ne peut �tre la m�me que celle d'un "scientifique" y faisant un s�jour de deux semaines, ni celle des militaires d'active des compagnies sahariennes ou des habitants du Touat qui y passeront toute leur vie.

CEA/DAM

La Division des Applications Militaires �tait en fait une entreprise ind�pendante administrativement rattach�e au CEA qui lui servait de couverture en mati�re de fabrication de mat�riau fissile (plutonium ) dans les centrales graphite - gaz (la fili�re fran�aise), le raffinage du plutonium � Marcoule (puis � La Hague). Le CEA � Pierrelatte d�veloppa plus tard une fili�re � l'uranium tr�s enrichi compl�tement inutile aux besoins civils, crue indispensable � la fabrication des bombes � fusion, puis abandonn�e plus tard. Les centres de production industrielle de bombes en C�te d'Or et en Touraine n'�taient pas op�rationnels � l'�poque qui nous concerne.

    B3 Bruy�res le Ch�tel

Le centre de Bruy�res le Ch�tel, qui reste encore le centre de la DAM pour la r�gion parisienne, �tait le centre sp�cialis� en m�tallurgie du plutonium et de l'assemblage de l'engin. C'�tait un lieu secret, connu sous le nom de code B3. Entre ing�nieurs-�l�ves des grandes �coles, on savait que plusieurs d'entre nous s'�taient fait d�tacher pendant leur service militaire � "Arpajon" et d�s 1958 nous savions qu'il s'agissait de "la bombe".

    Vaujours

Au fort de Vaujours, en relation avec l'ancienne poudrerie, le CEA/DAM d�veloppait la partie des explosifs de la bombe. Tous les engins des premiers essais furent, � ma connaissance, des dispositifs � implosion o� les caract�ristiques de compression parfaitement sph�rique exigeaient une tr�s grande homog�n�it� de l'explosif,   une haute vitesse de propagation de l'onde de choc. Le CEA Vaujours avait � l'�poque la responsabilit� de l'explosif et de ses d�tonateurs. A ce propos, on m'avait demand� de d�placer un radar � Hammoudia pour faire des mesures de la r�flexion radar du nuage radioactif, lors de Gerboise Rouge en novembre 1961 et un ing�nieur de la DAM me demanda la puissance de cr�te et moyenne du radar Costal. Et il me d�voila ainsi l'�nergie d'allumage des d�tonateurs, car il avait peur d'un allumage intempestif par le faisceau radar. Il y avait une bonne marge, mais cependant on nous demanda de ne pas diriger le radar dans la direction de la tour et de ne pas allumer le radar avant l'explosion, ce qui fit largement �chouer l'exp�rience. 

    Limeil-Br�vannes

Au fort de Limeil se d�veloppera plus tard la "bombe � hydrog�ne". A cette �poque, le centre s'occupait du "dopage" ainsi, je crois, du dispositif d'allumage neutronique -par acc�l�ration d'ions tritium sur une cible de b�ryllium - destin� � initialiser la fission du Pu par une bouff�e de neutrons introduite au c�ur juste apr�s l'implosion. Je me suis laiss� dire que les r�sultats d�cevants de Gerboise Verte en avril 1961 eurent pour cause la d�faillance de cet �l�ment.

Sodeteg

Le principal sous-traitant � Reggan du CEA/DAM �tait une filiale de Thomson-CSF, la Sodeteg. Cette soci�t� �tait responsable de la pose des c�bles de l'am�nagement des bunkers, de l'installation des appareils de mesure etc... Leurs techniciens restaient des mois et ceux qui travaillaient � l'air libre souffraient bien plus des conditions m�t�o que leurs coll�gues savants de la DAM qui ne fr�quentaient Reggan qu'� la saison des campagnes de tir. Beaucoup de mat�riels sensibles et plus particuli�rement les bombes ne pouvaient supporter un s�jour au soleil par 45�C � l'ombre. Mais il fallait bien poser les c�bles � l'avance.

Pr Rocard

Le professeur Yves Rocard (le p�re de Michel, l'ancien premier ministre) appartenait au Laboratoire de Physique de l'�cole Normale Sup�rieure, pas un repaire de militaristes. Il a cependant �t� intimement li� � la bombe fran�aise depuis le d�but, il a d�crit ses souvenirs dans son livre M�moires sans concessions .IL �tait c�l�bre � Reggan pour avoir mesur� la puissance de Gerboise Bleue (la premi�re) en observant le diam�tre de l'image de la boule de feu sur le mur de son bureau transform� en chambre noire, et ce bien avant que le CEA n'ait d�pouill� ses enregistrements. J'ai rencontr� plus tard Yves Rocard dans le Hoggar o� il avait d�tach� un de ses �tudiants pour �tudier les impacts sismiques des tirs souterrains et accessoirement de mesurer la profondeur de la racine des Pyr�n�es � l'aide des explosions de In Eker. Il profita de ce voyage pour obtenir une mission de DC-3 pour mesurer " l'effet sourcier" qu'aurait pu induire l'incendie du Gassi Touil en 1961 � quelques centaines de km au nord du Hoggar. En effet, � cette �poque il s'effor�ait de retrouver la trace des ouadi disparus au Sahara avec sa baguette de sourcier. Bref, le professeur Rocard �tait consid�r� par tous comme un savant Cosinus qui avait justifi� ses marottes par son militantisme au profit des armes nucl�aires.

M�t�o Nationale

L'Office National de M�t�orologie  avait le monopole absolu des mesures et de la pr�vision en France m�tropolitaine et outre-mer. Cette administration avait ses fonctionnaires et de plus b�n�ficiait des services de l'Arm�e de l'Air (personnel d'active et r�servistes). Le centre de Reggan se devait d'�tre �quip� d'une antenne m�t�o comp�tente de part le trafic a�rien dans une r�gion tr�s isol�e et surtout de la pr�vision des retomb�es radioactives. L'objectif �tait que les retomb�es non n�gligeables soient limit�es � des r�gions inhabit�es du Sahara alg�rien -alors fran�ais-. La  m�t�o de l'�poque ne b�n�ficiait pas de photos satellites et une �tude climatologique pr�alable devait �tre faite. L'extr�mit� sup�rieure des nuages radioactifs pouvant atteindre 15000m, il �tait n�cessaire de conna�tre la circulation des vents dans la stratosph�re, zone non fr�quent�e par les avions sous cette latitude. Les vents au sol �taient � peu pr�s connus par les observations des unit�s militaires sahariennes: les mois novembre � mars �tant domin�s par les aliz�s du nord-est, du chasse-sable, tandis que l'�t� �tait caract�ris� par des entr�es "humides" et des temp�tes de sable occasionnelles soufflant du Sud. Un point important �tait la latitude du Front Intertropical (un �quateur m�t�orologique qui pouvait se manifester jusqu'au tropique du Cancer un peu au sud de Reggan). Mais la circulation des vents en haute altitude �tait ce qui int�ressait le plus l'ing�nieur g�n�ral Barb� alors chef du service Recherche de la M�t�o. Il pensait largement � juste titre que les oscillations du jet-stream entra�naient des cons�quences sur les basses couches et aussi que le jet-stream �taient un des �l�ments fondamentaux de la circulation a�rienne transatlantique et la circulation a�rienne en g�n�ral dans les domaines de l'autonomie des appareils et la fiabilit� de la navigation (ni la navigation � inertie ni le GPS n'existaient au d�tour des ann�es 1960). Aussi, la M�t�o se mit au service des Arm�es avec l'objectif d'obtenir des mesures scientifiques sur des sujets encore m�connus.
Il y avait cependant un obstacle � franchir, celui du secret. En effet, la date exacte des essais restait une donn�e tr�s secr�te, non pas tant � un kidnapping des engins par des terroristes que pour rendre plus difficile des mesures de la composition chimique des d�chets par le puissances rivales ennemies et surtout "alli�es". Donc, les mesures m�t�o de Reggan publi�es restaient la pression et la temp�rature au sol, tandis que les sondages en altitude �taient transmis par un chiffrage puissant � Paris.
La M�t�o obtint des Arm�es, le d�ploiement de cinq stations radar de mesure des vents en altitude, � Reggan -o� les �quipements �taient doubl�s-, � B�char, � Ouargla, � Atar en Mauritanie, et � Tessalit � la fronti�re nord du Mali. Les radars �taient des radars Cotal de Thomson de poursuite anti-a�rienne, � l'�tage de pr�-amplification modifi� pour atteindre une port�e de 120 km. Les calculateurs �taient des humains �quip�s de calculateurs m�caniques et �lectrom�caniques et les transmissions se faisaient par t�lex sur liaisons radiot�l�phoniques.

Sial

Service d'Infrastructure A�ronautique en Alg�rie. Ce service avait �t� le ma�tre d'�uvre des infrastructures a�ronautiques comportant la piste et son taxiway, le b�timent de l'escale et la tour de contr�le et quelques b�timents annexes dont la station radar-vent. La main d'�uvre de construction de la piste de Reggan-Plateau, puis de celle de In-Amguel,  avait �t� le x?�me BAGA bataillon alg�rien du G�nie de l'Air.

DMA (future DGA)

La D�l�gation Minist�rielle � l'Armement repr�sentait l'autorit� sup�rieure des services militaires engag�s dans les essais nucl�aires. Il reportait uniquement au Ministre. Le G�n�ral Lavaud �tait � cette �poque d�l�gu� g�n�ral et incarnait une vue d'une arm�e technicienne, et m�me polytechnicienne, bien �loign�e de celle des colonels d'Alger ou des �tats-majors "otanis�s" de Louveciennes ou   d'Allemagne. La DMA mit au service du CIAS les services des Arm�es dont il assurait la coordination.

CIAS / GOEN

L'histoire du Commandement Interarm�es des Armes Sp�ciales est d�crite dans le livre du Gal Ailleret L'Aventure Nucl�aire Fran�aise .Vue de Reggan, le CIAS repr�sentait l'organisme de d�cision sur toutes les activit�s du CSEM. Les officiers sup�rieurs du CSEM et ceux du 621" GAS partageaient leur carri�re entre s�jour au Sahara et les bureaux du CIAS � Paris. Souvent anciens polytechniciens, ils avaient pris connaissances des technologies nucl�aires � l'�cole des Armes Sp�ciales de Lyon. Aucun ne semble �tre d'une origine CEA que ce soit civil ou militaire. Si le CIAS r�fl�chissait aux conditions d'emploi des armes nucl�aires, ce qu'on a appel� plus tard la force de frappe, avec le Mirage IV, les engins sol-sol du plateau d' Albion, les sous-marins nucl�aires n'�taient pas encore en 1961-1962 au stade de la planification effective, si bien que le CIAS �tait essentiellement la gestion de la contribution militaire au support des essais d'engins exp�rimentaux d�velopp�s par le CEA/DAM.

Le premier commandant du CIAS fut le g�n�ral Charles Ailleret, artilleur polytechnicien. Pendant mon s�jour � Reggan, il fit une p�riode de commandement op�rationnel dans le Constantinois. Il fut l'un des premiers g�n�raux en Alg�rie � s'opposer au putsch des g�n�raux en avril 1961. En avril 1960, il avait �t� remplac� par le g�n�ral Thiry, aviateur et lui aussi polytechnicien, un des adjoints de Ailleret et gaulliste lui aussi. Le g�n�ral Thiry �tait le plus souvent en civil � Reggan et conduisait lui-m�me sa Peugeot 404, � la stupeur des officiers sup�rieurs du Commandement Interarm�es au Sahara qui ne concevaient pas une visite de g�n�ral sans prise d'armes et musique.

Le Groupement Op�rationnel des Exp�rimentations Nucl�aires �taient l'incarnation du CIAS pendant les campagnes d'essais. Il installait ses bureaux dans les �tages sup�rieurs du b�timent d'�tat-major au dessus du n�tre, celui du CSEM.

    CSEM

Le Centre Saharien d'Exp�rimentations Militaires �tait limit� � la base de Reggan et au champ de tir de Hammoudia. Il regroupait les moyens mis par les Arm�es au profit des essais nucl�aires effectu�s par le CEA pendant la p�riode 1960-1962, avec quatre explosions nucl�aires a�riennes (les Gerboise bleue, blanche, rouge et verte) et quelques essais de destruction d'engins sans explosion faits en 1962. Il a servi aussi � au moins un essai d'engin de la s�rie Pierres Pr�cieuses en compl�ments de ceux faits � Colomb B�char (au CIEES).

J'�tais  officier � l'�tat-major du CSEM initialement charg� des radar-vents puis -tout en maintenant cette charge- adjoint au capitaine dirigeant la logistique des transports de la base. Le commandant  du CSEM �tait le colonel Cellerier, artilleur et polytechnicien, ancien chef d'�tat-major de Ailleret. Le secr�taire du colonel �tait le brigadier-chef Wolinsky qui s'appr�tait � une brillante carri�re de dessinateur. Je regrette  de ne pas lui avoir d�tourn� quelques caricatures pour les publier ici. Dans cet �tat-major il y avait deux ou trois sous-lieutenants, le commandant Sachet chef d'�tat-major et interface sur les questions de s�curit�, deux ou trois capitaines et quelques soldats dactylos.

        621e GAS

Le 621�me Groupe d'Armes Sp�ciales �tait l'unit� de l'Arm�e de Terre charg�e de regrouper les moyens permanents mis par cette Arm�e au service du CSEM et plus tard du CEMO. Le personnel provenait de diff�rentes Armes et Services: Artillerie, Infanterie, G�nie, Transmissions, Train, Essences. Les personnels d'active restaient reli�s � leur Arme respective, mais pour leur s�jour au Sahara, ils �taient g�r�s par le 621e. Le patron du 621e �tait le plus souvent un chef de bataillon d'Artillerie d�tach� aupr�s du CIAS. Ce commandement restait administratif pour la plupart des unit�s dont les t�ches �taient fix�es par le CSEM. Seule la compagnie de S�curit� responsable des gardes et patrouilles � l'int�rieur de la base vie �tait g�r�e de mani�re militaire traditionnelle.

            CCS Compagnie de Commandement et des Service

                Section Radar-Vents

La section radar comprenait en fait des d�tachements ind�pendants, command�s chacun par un sous-lieutenant de r�serve et encadr� par un sous-officier d'active titulaire d'un dipl�me de technicien radar (�cole ESTT de Pontoise). J'�tais � l'�tat Major du CSEM charg� de leur coordination et d�pendais aussi administrativement de la CCS du 621e GAS. Le personnel de troupe n'�tait pas du tout sp�cialiste et avait appris sur le tas � gonfler les ballons et � utiliser les machines � calculer. Ils avaient �t� choisis sur tests et avaient en g�n�ral le baccalaur�at. 

              Section Transmissions

La section Transmissions s'occupait de l'entretien des installations t�l�phoniques et radiot�l�graphiques sur la base et � Hammoudia. Un certain nombre de lignes t�l�phoniques et des centraux automatiques desservaient services et unit�s du centre (CSEM et DAM). La transmission avec Alger, Paris et les autres centres sahariens se faisait au moyen de transmissions HF (les antennes de r�ception et d'�mission �taient localis�e aux extr�mit�s est et ouest du plateau). L'essentiel des transmissions se faisait par T�lex s�curis�. Une liaison phonique BLU fut mise en service courant 1961 et permettait des liaisons en half-duplex avec Paris et Alger (puis In Amguel au printemps 1961). J'ai aussi vu proc�der � des  essais de t�l�copie sur liaison radio t�l�phonique. Ces transmissions analogiques �taient tr�s bruit�es ce qui encourageait les transmissions par t�l�graphie. Les communications avec les autres centres sahariens se faisaient via des vacations quotidiennes radiot�l�graphiques.

On notera que le Sahara �tait propice aux mirages radio�lectriques. Des postes mobile HF de port�e normale de quelques dizaines de kilom�tres �taient susceptibles d'entendre des conversations se d�roulant en m�tropole sur les m�mes fr�quences.

               Section Topographie

Cette section comprenait un lieutenant et un adjudant-chef ayant suivi des stages � l'IGN ainsi que des sous-officiers de r�serve topographes dans le civil. Ils avaient pour mission l'�tablissement de plans et de cartes du le champ de tir, la pose de balises de triangulation. Ils poss�daient des th�odolites assez perfectionn�s et passaient de longues heures devant leur table � dessin. Lors du transfert dans le Hoggar, on me confia en sus la direction de cette section. La carte disponible pour le Hoggar pr�sentait des erreurs sup�rieure au kilom�tre et il fut d�cid� de refaire la carte sur les 20 km entourant le centre d'exp�rimentation des oasis, � partir d'une triangulation nouvelle. Heureusement, nous b�n�fici�mes en octobre 1961 d'une mission de trois jours du B-29 de l'Institut G�ographique National qui nous fournit enfin une couverture de photos a�riennes de la r�gion. Au CEMO, la section topographie utilisait souvent un h�licopt�re Alouette pour se poser sur les sommets dont on voulait une topographie pr�cise.

          Compagnie de S�curit�

La compagnie de s�curit� �tait responsable d'assurer des gardes permanentes aux entr�es de la base et devant certains points sensibles en liaison avec la gendarmerie. Elle �tait �quip�e v�hicules de 6x6

          Compagnie du G�nie

L'unit� probablement la plus importante du 621 �tait la compagnie du G�nie qui portait les servitudes permettant le maintien de la vie sur la base.

            PLBT

Ce sigle dissimule les initiales de "Populations Laborieuses du Bas-Touat", expression utilis�e pour d�signer la main d'�uvre locale embauch�e sur les chantiers de Reggan. Les chantiers de construction et surtout ceux d'entretien n�cessitaient faute d'un mat�riel qui n'existait pas alors une main d'�uvre non qualifi�e pour d�charger des camions, d�placer des pierres, balayer les cong�res de sable, creuser des tranch�es dans des endroits inaccessibles aux engins... Aussi, du personnel "indig�ne" fut embauch�. Le recrutement d'abord limit� aux environs imm�diats de Reggan (le Bas-Touat) fut �largi � tout le Touat m�me au nord de Adrar, afin de ne r�partir un eu uniform�ment une somme de cash non n�gligeable pour l'�conomie de la r�gion. L'Arm�e �tait aussi non regardante sur la "r�cup�ration" des emballages, voire sur les sacs de ciment qui laissait �chapper un peu de leur chargement et qui furent r�utilis�s pour renforcer les canalisations des palmeraies. Le personnel �tait embauch� pour des dur�es de deux ou trois mois et �tait log� dans un village construit de toute pi�ces � l'extr�mit� sud-est de la base. Un �levage de moutons nourri essentiellement au papier d'emballage et quelques minuscules jardins sur la pente du plateau compl�taient ce village. Le personnel embauch� avait �t� certifi� s�r par les services du commandement local saharien et aucun incident s�rieux ne survint pendant mon s�jour.

Le transfert du centre au Hoggar entra�nait un besoin de main d'�uvre l�-bas et il fut d�cid� de poursuivre l'exp�rience de Reggan en embauchant des PLO (Populations laborieuses des Oasis). Mais les Touareg n'�taient pas habitu�s � ce genre de travaux manuels et ne souhaitaient pas non plus que leurs harratines abandonnent leurs jardins pour gagner beaucoup plus d'argent chez les militaires. Aussi c'est au recrutement du Touat que l'on eut recours. Tous les mois un Br�guet Deux-Ponts effectuait une rotation Reggan-In Amguel-Reggan avec un chargement de PLBT. Au premier voyage, une anecdote: le commandant de bord apr�s le d�collage alla dans la cabine pour voir si ses pax supportaient bien le bapt�me de l'air, il fut fort surpris de d�couvrir que ceux-ci avaient allum� un feu sur le plancher pour faire le th�...

            Eau

L'eau �tait pomp�e sur le plateau lui-m�me dans la nappe aquif�re qui s'�coulait lentement de l'Atlas Saharien vers justement le rebord du plateau du Tadema�t dont Reggan constituait l'extr�mit� sud-ouest. Les palmeraies avoisinantes �taient aliment�es par cette nappe qui affleurait au bord du plateau. Il faut noter que le d�bit naturel �tait peu abondant et les Touati avaient construits des canalisations souterraines les foggara pour aller chercher l'eau � des centaines de m�tres, parfois des kilom�tres dans la couche aquif�re. Le CSEM pompait de grandes quantit�s d'eau pour ses usages personnels et aussi pour la climatisation qui �tait � peu pr�s uniquement � base d'humidificateurs, des tambours sur lequel coulait un filet d'eau permanent et   travers l'air �tait souffl� par des ventilateurs. Il n'y avait pas de chauffage, la temp�rature ext�rieure m�me la nuit ne tombant rarement au dessous de 10�C. Mais la salinit� de l'eau �tait telle qu'elle �tait � peu pr�s imbuvable, qu'elle ne convenait pas au refroidissement des moteurs, et d�posait du sel sur les humidificateurs, encrassant rapidement ces derniers. Pour la boisson, le CSEM importait autant de bouteilles d'eau d'Evian que de bi�re, une caract�ristique exceptionnelle dans l'Arm�e Fran�aise. La glace �tait produite par une installation centrale fabriquant des pains de glace. les gla�ons naturels �taient beaucoup moins sal�s que l'eau nature -la regganette- et le m�lange de vin et de gla�ons �tait le plus souvent la boisson des repas, seuls les n�ophytes attrapaient la diarrh�e. Par contre, la transpiration consid�rable qui blanchissait les chemises entra�naient un perte de calcium et les pastilles de sel restaient absolument n�cessaires.

Aussi, le CSEM avait install� une installation prototype de dessalement de l'eau par diffusion �lectrolytique dans des cloisons poreuses. Cette installation, bien que ne pr�sentant pas de fiabilit� indiscutable, permit en g�n�ral une vie quasi-normale, avec l'installation de fontaines rafra�chissantes sur les lieux de travail.

Au bordj de Reggan-ville deux piscines du dizaine de m�tres de long existaient , l'une �tait celle de l'ancien h�tel et utilis� par les officiers sup�rieurs logeant au bordj et au cadres des relations indig�nes, l'autre �tait fr�quent�e par les officiers. Les officiers de r�serve se partageaient une voiture conduite par l'un des leurs mais les cadres d'active des unit�s de passage laissaient attendre leur chauffeur dans la voiture par 45�C � l'ombre... Lors de restrictions d'eau, un capitaine s'�tonna de trouver la piscine � 35�C au lieu des 28�C habituels et ne se douta pas que des camions citernes devant ravitailler Hammoudiah s'�taient arr�t�s en route, moyennant une petit bain pour les chauffeurs. L'eau sortant du sol �tait � 35�C environ mais elle se refroidissait progressivement au soleil par �vaporation. En avril 1961 fut inaugur�e sur la place d'armes de Reggan Plateau une piscine couverte et climatis�e et �clair�e par des vitraux; elle �tait ouverte par roulement aux hommes de troupe. Retomb�e de fonds sp�ciaux du gouvernement probablement.

            �gout

La partie de l'eau qui ne s'�vaporait pas finissait dans un syst�me d'�gout qui s'�coulait naturellement dans le Tanezrouft. La contamination odorante ne se faisait sentir que par vents du sud et restait supportable.

       �lectricit�

Le point crucial de la s�curit� de la base, plus que les ch�teaux d'eau -ils �taient doubl�s- �tait la centrale �lectrique qui alimentait la totalit� des installations. Certains services disposaient en outre de groupes �lectrog�nes pour des raisons de dotation (comme nos radars) ou de s�curit� (comme l'�clairage de la piste a�rienne) ou l'h�pital ainsi que quelques labos sensibles de la DAM.  Il y eut un moment o� un seul des trois groupes de la centrale �lectrique �tait en �tat de marche, et il fallut r�fl�chir � des plans contingents.
La centrale �lectrique �tait servie par du personnel de la Marine Nationale, plus habitu� aux groupes de puissance que le personnel de l'Arm�e de Terre.

          Compagnie du Train

La compagnie du Train �tait responsable du deuxi�me �chelon de r�paration des v�hicules l�gers et des camions affect�s au CSEM. Elle regroupait de plus les chauffeurs des camions lourds GBO et camions citernes charg�s des transports en dehors de la base. Le parc automobile allait du break 404 du colonel et du g�n�ral aux Berliet GLR et GBO en passant par les 2CV ou camionnettes 2CV de services techniques op�rant sur route, les Jeep de mod�le saharien � filtre � air sp�cial et double r�servoir d'essence, les 6x6 de la compagnie de s�curit�.

         Service des essences

Le service des essences �tait peu visible, mais n�anmoins primordial. Un d�p�t de carburant r�parti en plusieurs r�servoirs se trouvait � l'extr�mit� nord-est de la base. Le carburant essence, essence aviation, gas-oil et k�ros�ne �tait achemin� par camion citerne depuis le Nord.

          Direction de l'Intendance

Les services de l'Intendance disposaient d'un entrep�t frigorifique situ� le long de la place d'Armes. Le nombre de convives quotidiens �tait au minimum d'un millier de personnes et pouvait atteindre en pointe six ou sept fois ce nombre. Il poss�dait une boulangerie qui alimentait r�fectoires et mess.
Le ravitaillement en viande fut op�r� par un Noratlas en provenance de Fort-Lamy (maintenant Ndjamena). Cet avion effectuait tous les 15 jours une ligne r�guli�re militaire vers Tananarive et rentrait � vide de fret. L'ordinaire du mess fut compl�t� � No�l par une "mission" du CEAM de Mont-de-Marsan avec des hu�tres, produit ne se trouvant habituellement que sous forme fossile silicifi�e au Sahara.
Le ravitaillement en boissons (vin bi�re, eau min�rale) s'effectuait en camion depuis l'Alg�rie du Nord.

        11e RGS

Le 11�me r�giment du G�nie  Saharien avait �t� le r�giment constructeur de la Base de Reggan c'est � dire des routes, des canalisations et du montage de la plupart de b�timents pr�fabriqu�s. Il poss�dait l'essentiel des engins de terrassement utilis�s dans le centre et sur le champ de tir. Le si�ge de ce r�giment se trouvait sur la c�te pr�s d'Oran et, � mon �poque, seule une compagnie occupait un village de tentes et de maisons en toub tout pr�s de Reggan Bordj au carrefour de la "piste imp�riale" Alger-Tombouctou.

        620e GAS

Le 620e �tait une unit� beaucoup plus technique que le 621e. Il �tait responsable du support des exp�rimentateurs des essais et comportait des "pompeurs d'air" mesurant la radioactivit�, des inspecteurs de la contamination du champ de tir... Ce r�giment n'avait qu'un bataillon au service du CSEM, il avait entre autres des missions d' "enfumage" des grottes dans le Nord-Alg�rien et celui du centre d'exp�rimentation de gaz asphyxiants de B2 Namous au nord-est de B�char. C'�tait vraiment une unit� op�rationnelle dans les armes chimiques. Nous n'avions que tr�s peu de rapport avec les gars du 620. Ils �taient log�s dans un quartier sp�cialis� et ne fr�quentaient gu�re le mess du Plateau.

        BA Reggan

Le CSEM incluait une Base A�rienne command�e par le Lt Cel Barbier qui �tait aussi commandant adjoint du CSEM. Outre la logistique de l'Escale (gestion du fret et des pax), la BA servait un radar de surveillance et un radar PAR d'atterrissage, des m�t�os au service de la M�t�o Nationale, une douzaine de navigants pilotant les avions d�tach�s au CSEM, � l'origine des Ju-52 qui furent vendus au Portugal un peu avant mon arriv�e et deux ou trois C-47 (des DC-3 militaires avec banquettes longitudinales m�talliques) nous servant � desservir Tessalit, In Amguel et d'autres stations  peupl�es seulement lors des campagnes de tir (Aoulef, Tabelala,Bou Bernous, Ouallen, Bordj P�rez -qui s'appelle maintenant Bordj Mokhtar-), un service de m�caniciens tr�s occup�s � maintenir en service au moins un des C-47  fatigu�s par les ans -ils dataient de 1944- et le m�lange de sable et d'huile  qui recouvrait les moteurs n'aidait gu�re � la fiabilit� des mat�riels. La Base A�rienne �tait aussi charg�e de la gestion des mess officiers et sous-officiers du CSEM, permettant � tous les cadres, m�me ceux de l'arm�e de Terre, de b�n�ficier de repas gratuits de par les charges a�ronautiques. Le personnel de troupe �tait bien entendu nourri d'office par l'arm�e.

            Escale

L'"escale " �tait dot�e de moyens assez limit�s: un b�timent -climatis�e quand les portes n'en �taient pas ouvertes- poss�dait une salle d'attente pour une centaine de personnes, des bureaux, la station m�t�o, une tour de contr�le �quip�e de VHF, des hangars de fret. Les r�parations d'appareils se faisait ne plein air. Le trafic moyen quotidien �tait de un Br�guet (faisant Alger-Paris), deux ou trois Noratlas desservant B�char, Alger, parfois Niamey et un DC-3 de l'escadrille bas�e au CSEM.

En p�riode d'essais le nombre d'avions augmentait consid�rablement: des liaisons Br�tigny-Reggan directes emmenaient les �l�ments des bombes. Des Superconstellations d'Air France servaient � convoyer VIPs et employ�s de la DAM. Le DC-4 pr�sidentiel du GLAM �tait plus fr�quemment affr�t� par les officiers g�n�raux. Cet avion, cadeau des �tats-Unis au g�n�ral de Gaulle en 1946 poss�dait l'originalit� d'offrir un service de stewards � son bord, m�me lorsque les passagers ne d�passaient pas le grade de sous-lieutenant. Il fallait cependant �tre pistonn� pour voler sur cet avion mieux insonoris� que les Br�guet.

Nous e�mes une fois le passage et l'escale d'une escadrille d'appareils britanniques (un Varsity et des Jet Provost) qui se dirigeaient vers Lagos, via Tessalit et Kano pour f�ter l'ind�pendance du Nigeria. Cette pr�sence d'�trangers fut regard�e avec suspicion par la s�curit� militaire qui  demanda � nos radars  des heures suppl�mentaires pour enregistrer la trajectoire de ces avions susceptibles d'espionner le champ de tir.

La piste est-ouest de Reggan-Plateau avait remplac� une antique piste en sable situ�e � c�t� du bordj. Elle poss�dait un balisage de nuit. Les QGO (retour � la case d�part) survenaient en cas de vent et de brume de sable. �Pendant mon s�jour un Br�guet Deux-Ponts se posant par vent de travers de 35 n�uds �tait sorti de piste, cassant son train. Il reposa longtemps pr�s du bout de la piste.

 

            Escadrille

L'escadrille affect�e aux besoins locaux du CSEM (missions vers les postes �loign�s et �vacuations sanitaires) se composait � l'origine de quelques Julie (des Junkers Ju-52 construits en France en 1944-1945). A part un d'entre eux consacr� � l'entra�nement des pompiers et en bien triste �tat, � mon arriv�e, ils venaient d'�tre vendus au Portugal pour voler en Angola et en Guin�-Bissau. Notre flotte a�rienne se composait donc de C-47 (des DC-3 en �quipement mixte passagers/fret). La fiabilit� des moteurs de ces appareils datant de 1942-1944 n'�tait plus tr�s grande et le nombre de retours pour incidents m�caniques �tait  relativement important (je crois en avoir eu deux sur une quinzaine de vols sur cet avion). Le sable et la chaleur en �taient les principaux responsables. Il arriva aussi une fois que le train mal verrouill� se ferme au d�but roulage, conduisant � une mise hors service et au remplacement de toute une aile et du moteur correspondant du C47. Il arriva un autre jour que, suite � une surcharge au d�collage, l'avion ne pouvait d�passer une altitude de 600 m�tres , cette altitude �tant celle d'une couche d'inversion de temp�ratures (restant � 45�, alors que le matin la temp�rature au sol n'�tait que de 30�).

        Service de Sant�

L'h�pital de Reggan avait �t� surdimensionn� pour faire face � l'�ventualit� d'un accident nucl�aire. En dehors des quelques accidents mat�riels dus aux engins et � la route, il eut � soigner les dysenteries, d�shydratations, perte de sel dues au climat. En dehors des pointes en p�riode des essais, la majorit� de ses clients �taient des habitants indig�nes de Reggan pour lesquels il fut parfois fait des �vacuations sanitaires en C47 vers l'h�pital civil d'Adrar.

        Peloton Gendarmerie

Le peloton de gendarmerie mobile affect� au CSEM �tait responsable de la s�curit� ext�rieure et int�rieure � la base. Il assurait une permanence � l'escale a�rienne lors des mouvements d'avion et au(x) postes de garde � l'entr�e de la base-vie et de Hammoudiah. Il intervenait de temps en temps sur des campagnes de s�curit� routi�re infligeant arr�ts de rigueur aux militaires et sanctions administratives aux civils coupables d'exc�s de vitesse sur la route de Hammoudiah (40 km).

STA

    STA/Y

Le Service Technique des Arm�es poss�dait au Fort d'Aubervilliers un �tablissement secret (nomm� Y) charg� d'�tudes sur les armes nucl�aires. Son r�le pratique �tait de mesurer la radioactivit� induite par les explosions et leurs effets. Il �tait, au moins � cette �poque, tr�s peu concern� par les armes elles-m�mes. Un assez grand nombre d'ing�nieurs avaient �t� affect�s � la STA/Y pour la dur�e de leur service militaire. Nous re��mes �  Reggan quelques dizaines de ces personnels pour la collecte et la mesure des radiations. Ils �taient �quip�s de compteurs Geiger et de pompes � air. Certains furent d�tach�s avec des m�t�orologues dans les petits postes du Tanezrouft : Tabelbala, Ouallen, Bordj Perez, Akabli ainsi que dans les autres villes Sahariennes, � Djibouti et aupr�s des ambassades en Afrique.

La STA/Y avait aussi dispos� des mat�riels terrestres (v�hicules, armes, mannequins porteur d'uniformes) pour examiner l'action thermique et radioactive des bombes sur les mat�riels. La pr�sence de ces mannequins a pu faire na�tre la l�gende d'une participation de d�tenus FLN comme cobayes. Par contre une collection de divers animaux (surtout moutons et ch�vres plus � m�me de supporter le climat saharien)  furent victimes des essais..

    STA/Z

La STA/Z �tait charg�e des armes chimiques. Elle poss�dait le terrain d'exp�rimentation de B2/Namous au nord-ouest de B�char. Il arrivait que le commandement sup�rieur visite Reggan au cours d'une de leurs visites en Alg�rie. Le 620e GAS �tait en relation avec eux, mais pas le CSEM.

STA�

Le  service Technique de l'A�ronautique  �quipait l'escale de Reggan qui �tait renforc�e d'un radar de surveillance � grande port�e install� pour conserver le contr�le des avions engag�s dans les essais, c'est � dire principalement des bombardiers Vautour charg�s des pr�l�vement des d�chets radioactifs servant entre autres � analyser le rendement des engins. Le radar servait aussi � g�rer les patrouilles de surveillance effectu�es par Neptune de l'A�ronavale (bas�s � Lorient-Lann Bihou�) et les patrouilles d'interception �ventuelles des Myst�re SMB2.

Le STA� avait aussi install� un radar PAR de guidage � la voix des avions pour atterrissage � visibilit� r�duite.

De plus le STA� avait assembl� des mat�riels (avions � la r�forme, en particulier des Ouragan) autour des tours � une distance variable  pour analyser la transparence de ces mat�riels aux radiations.

DCN

Le service technique de la Direction des Constructions Navales ne voulait pas �tre en reste de mesures et le chantier des mats porte-radars au d�tour d'une dune avait un caract�re quelque peu surr�aliste.

Arm�e de l'Air

COTAM

La plupart des avions desservant Reggan appartenaient aux unit�s m�tropolitaines du Transport A�rien (COTAM) y compris le GLAM de Villacoublay qui exploitait le DC4 et des SO-30 Bretagne.

    Base Orl�ans

La base d'Orl�ans exploitait les lignes de Noratlas.

    Base Le Bourget

La base a�rienne du Bourget �tait le terminus de la ligne r�guli�re de Br�guet Deux-Ponts desservant Reggan via Alger ou plus rarement Oran. Le Br�guet faisait en plus un aller-retour Reggan-Alger au cours de sa rotation.

  CEAM Mont de Marsan

Du CEAM de Mont-de-Marsan, provenaient les �quipages sp�cialement form�s aux essais (bombardiers � moyenne autonomie Vautour). Par ailleurs, une liaison attendue �tait le vol de No�l qui apportait une cargaison d'hu�tres pour am�liorer l'ordinaire des mess officiers et sous-officiers.

    Base Alger

Un officier de liaison du train rattach� au CIAS s'occupait des liaisons logistiques � Alger g�rant les achats locaux dans le Nord et les ruptures de charge surface-air ou   mer-camions pour le ravitaillement de la base..

CIS

Le Commandement InterArm�es au Sahara �tait bas� � Alger et g�rait les op�rations militaires dans les deux d�partements sahariens (Saoura et Oasis) ainsi que la plus grande partie de l'administration territoriale du Sud. Reggan n'�tait qu'un poste isol� abritant une petite section de militaires sahariens et l'administration situ�e au bordj de Reggan-Ville. Un peloton de Gendarmerie Territoriale responsable de la s�curit� (renseignement, inspection des transports civils sur la route transsaharienne) renfor�a ses moyens � l'occasion de l'activit� du CSEM.

    CST

la Compagnie Saharienne du Touat bas�e � Adrar, anciennement une compagnie mont�e sur m�hari, � mon �poque �quip�e de 6x6, �tait charg�e de la protection lointaine de la base. Nous �tions responsable de leur ravitaillement quand elle occupait des postes isol�s en p�riode d'essai (Bou Bernous, Tablebala, Akabli...)

En juin (?) 1961, nous fumes surpris de trouver sur la base une unit� parachutiste de la L�gion (qui avait troqu� le k�pi blanc pour le b�ret vert, plus visible dans le d�sert). Cette unit� �tait entr�e de nuit sans pr�venir par l'entr�e est de la base qui n'�tait pas gard�e, faute d'effectifs et qui n'�tait pas non plus ferm�e, elle servait de sortie pompiers vers l'est de la piste d'aviation. Il avait travers� la base fut d�tect� par le poste de garde ouest, surpris de voir des gens annoncer qu'ils entraient dans la base alors qu'ils �taient en face de la sortie.
Ce bataillon (?) se dirigeait en toute h�te vers la fronti�re malienne o� des renseignements avaient signal� la pr�sence de fellaghas. Un lieutenant adjoint pour qui je devais rassembler un convoi de ravitaillement en essence et pain se montra surpris du laxisme des "atomistes" devant l'insouciance que nous manifestions vis-�-vis du risque FLN. Il est vrai que notre poste radar de l'autre c�t� de la fronti�re n'�tait  gard� que par des chiens et la gazelle de l'�quipe, mais aussi que la pr�sence d'envahisseurs au Mali n'avait pas �t� confirm�e. Notre convoi de ravitaillement partit pour le Tanezrouft sans armes, mais avec une radio qui nous signala une rupture de pompe � eau qui leur fut dropp�e entour�e de paille par un C-47 dans les deux heures. Et les parachutistes eurent leur pain et leur bi�re. Je n'ai jamais connu la suite de cette op�ration. Ils rentr�rent via Tin Zaouaten et Tamanrasset.

Lorsque le CSEM se transporta dans le Hoggar, la base de Reggan fut transf�r�e au CIS qui installa une rigueur militaire plus traditionnelle (sanctions pour oubli de salut � la jeep d'un officier, motards devant le v�hicule du g�n�ral...). Des officiers sahariens que j'ai fr�quent� pendant la p�riode de transition raisonnaient de mani�re utopique,   pensant garder le Sahara fran�ais malgr� la perte attendue du Nord avec �vacuation du p�trole par avion et inconscients des difficult�s de maintenir artificiellement une base comme Reggan en vie avec des moyens purement a�riens (le simple ravitaillement en bi�re -et eau min�rale- aurait monopolis� toute la flotte du COTAM).

 

Retour Sahara

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