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INFORMATIQUE et t�l�matique

Retour Histoire de l'Informatique
 03-Mar-2003 derni�re mise � jour 17 avril 2009

Cette note est un travail pr�paratoire destin� � recevoir avis et commentaires pour une contribution � l'histoire de l'informatique et des t�l�communications en France.
Je continue de m'�tonner de l'absence de synergie qui a r�gn� entre la compagnie Bull, nationalis�e de 1982 � 1995, et l'op�rateur de t�l�phone national que l'Etat avait choisi de lui donner comme principal actionnaire. Peut-�tre la discussion des points de contact entre informatique et t�l�matique pourra �claircir ce qui reste encore � mes yeux tr�s obscur.

Introduction

Alors que la plupart des acteurs techniques de l'informatique et des t�l�communications des ann�es 1960-1970 ne sont plus maintenant en activit� et sont  pour la plupart d�gag�s du devoir de r�serve, il semble possible de commencer � explorer l'histoire des interactions entre ces deux branches d'industrie, leurs similitudes et leurs diff�rences et les causes profondes des incompr�hensions et divergences qui ont r�gn� entre elles. On ne cherchera pas ici � descendre au niveau des responsabilit�s personnelles d'individus responsables, ni tout expliquer par des consid�rations sociologiques ou politiques.

Technologiquement, les deux branches d'activit�  se rapprochent par une technologie commune qui est devenue � partir de la fin des ann�es 1960 bas�e dans les deux branches sur l'�lectronique � 90% digitale et sur la part de plus en plus grandissante du logiciel. D'ailleurs tant aux �tats-Unis (AT&T, Bell Labs) qu'en France (CNET) ou au Japon (NTT), les laboratoires de t�l�communications ont d�velopp� des ordinateurs, soit tous seuls, soit en liaison avec l'industrie (Japon).

La particularit� de ce qu'on appelle aujourd'hui les op�rateurs de t�l�communications est qu'ils sont soit des compagnies de cr�ation r�cente (la fin des ann�es 1980) ou bien les h�ritiers des monopoles (qu'ils soient d'anciennes administrations d'�tat ou des compagnies � qui l'�tat a conc�d� un monopole). 
Par contre, il ne semble pas qu'il ait exist� (pas m�me en Union Sovi�tique) d'arsenaux d'tat fabriquant des ordinateurs en exer�ant le monopole de la diffusion de leur production.

En cons�quence la notion de service public est rest�e �trang�re aux cadres et aux ing�nieurs de l'industrie informatique alors qu'elle a imbib� la culture des soci�t�s de t�l�communications par leur souci de pr�cautions quant � la continuit� de service et d'un encadrement de la demande. On devrait rapprocher les motivations d'un cadre chez les op�rateurs de celles habitant les autres services de transport (la poste bien s�r, le transport d'�nergie, les trains ou les responsables des routes). Priorit� �tait donn�e au respect des engagements pris sous r�serve d' actes de Dieu, pour prendre la terminologie anglo-saxonne, tels qu'inondation, catastrophe nucl�aire ou gr�ve... Ce service public �tait rempli � un co�t qui �tait essentiellement associ� aux dotations budg�taires et vendu � un prix qui relevait d'un certain arbitraire rendu au niveau de l'�tat et du parlement.

 Contrairement � la plupart des autres services publics o� le co�t r�side autant sinon plus dans celui de la production (gaz, �lectricit� non nucl�aire, chemins de fer), le co�t marginal de transport d'informations (voix ou donn�es) est voisin de z�ro dans la mesure o� il n'existe pas d'engagement du producteur de service pour satisfaire une demande risquant d'exc�der les capacit�s pr�sentes. La Poste, elle pourtant voisine � bien des �gards, a un co�t marginal significatif. La dotation budg�taire du monopole T�l�com est donc largement consacr�e aux investissements. Ceux-ci avaient �t� longtemps maintenus � un niveau tr�s bas jusqu'� la prise de conscience du sous-d�veloppement t�l�phonique fran�ais.

Les utilisateurs de l'informatique d�couvrirent l'utilit� de la t�l�matique dans les ann�es 1960 et press�rent leurs constructeurs de leur apporter des solutions. L'attitude de ces derniers a �t�, et est peut �tre encore aujourd'hui, d'exploiter au mieux l'existant fourni par les op�rateurs. Essayer de d�couvrir par exemple des modems � haute vitesse comme le faisait le laboratoire de IBM de La Gaude �tait marcher dans le pr� r�serv� des PTT et de leurs fournisseurs attitr�s et ne d�passa gu�re le statut exp�rimental. En se contentant d'utiliser l'offre de tuyaux existants (TELEX, lignes lou�es t�l�phoniques, r�seau t�l�phonique commut�), les informaticiens tenaient le monopole pour un fait accompli, le prix relatif des liaisons �galement avec lesquels on essayait de jongler par des solutions techniques propres et des combinaisons de toutes les solutions.

J'aimerais d�crire � titre d'exemple une situation v�cue � Honeywell-Bull en 1972. La compagnie disposait d'une ligne lou�e t�l�phonique transatlantique offrant une bande passante de 2400 bauds en num�rique, entre Paris-Gambetta et Boston-Wellesley. Elle �tait utilis�e de 13:00Z au lendemain matin pour des transmissions vocales entre le central priv� de Gambetta et les centraux am�ricains (PABX) de Boston, Minneapolis et Phoenix. A partir de 19:00Z, cette liaison pouvait �tre ouverte depuis des postes priv�s de la r�gion parisienne, d�ment attitr�s, qui en appelant un num�ro local parisien entraient en rapport avec l'op�rateur am�ricain de Minneapolis, puis de Phoenix et ce jusqu'� la fermeture des postes am�ricains vers 06:00Z. A partir de ce moment la ligne �tait partag�e au moyen un multiplexeur FDM priv� situ� � Gambetta communiquant avec un FDM identique � Boston-Billerica  entre six t�l�imprimeurs Teletype 37 avec modem asynchrone vers des modems �quivalents connect�s � un syst�me MULTICS 645. Ce syst�me MULTICS �tait �galement utilis� par une douzaine de terminaux � Boston dont seuls un ou deux �taient d�j� utilis�s la nuit aux USA. Cette liaison nous permettait de constituer des fichiers programmes de lancer des essais de compilation et de savoir si cela s'�tait bien pass� ainsi que de poster des email avec nos coll�gues outre-Atlantique. Comme nous n'avions pas de moyens pour obtenir les r�sultats (des paquets de cartes perfor�es) par t�l�phone, la solution de d�p�cher un porteur � l'avion (partant de Boston � 02:00Z le lendemain et arrivant � Paris vers 08:00Z) avait �t� retenue. Cette situation dura environ 6 mois, � l'issue de laquelle un autre syst�me MULTICS fut install�e � Paris et la synchronisation se fit par �change de bandes magn�tiques (elles aussi transport�es par avion).
Ce qu'il  faut remarquer dans cette description que l'utilisateur prenait le risque de ne pas avoir un service parfait (il arrivait souvent que les caract�res de contr�le d'�cho se perdent et que ayons la r�ponse au son -bruit que faisait le Teletype sans imprimer r�ellement) et d'avoir des services au marge des r�glements (poste RTC connect� directement aux USA) pour installer une solution dans un minimum de temps.

On voit nettement sur cet exemple que les constructeurs n'ont pas attendu que l'administration leur fournisse un r�seau pour d�velopper avec les moyens disponibles une solution ad-hoc. Certains clients se plaignirent aupr�s de l'administration des co�ts induits par des r�glements et/ou une tarification qui rendaient les solutions plus co�teuses ou moins performantes que les solutions disponibles dans certains pays �trangers et de l'immense difficult� que posaient jusqu'aux ann�es 1980 les liaisons transnationales. 

Il faut noter que les administrations europ�ennes, contrairement aux �tats-Unis, d�cid�rent de se contenter d'agr�er les modems et non de les imposer ainsi que les �quipements terminaux comme c'�tait le cas pour le r�seau TELEX ou la totalit� des transmissions de donn�es aux �tats-Unis � l'exception des liaisons se d�roulant sur un terrain priv� et celles utilis�es par les services de la D�fense. C'est donc au d�but des ann�es 1960 que l'on peut faire remonter la privatisation d'une partie du service public de t�l�communications. Les compagnies d'informatique se satisfaisaient de ce statut, installant chez chaque client int�ress� par les applications de t�l�communications le mat�riel n�cessaire n'h�sitant pas � livrer des �l�ments sur mesure bas�s sur le service � chaque client.

L'utilisation du r�seau commut� RTC pour les applications informatiques �tait p�nalis� par des d�bits limit�s initialement � 300 bauds puis longtemps � 600/1200 bauds qui convenaient aux terminaux de genre Teletype. Par ailleurs les temps d'�tablissement des communications en RTC �taient importants et n'en permettaient gu�re l'utilisation pour des interactions courtes. La num�rotation directe par l'ordinateur sur RTC �tait disponible mais son utilisation �tait regard�e avec suspicion par l'administration, redoutant les usages abusifs (d�j� le spamming !). Cependant le protocole X21 de commutation rapide de circuits �labor� sous la pression des administrations scandinaves n'atteignit pas la disponibilit� op�rationnelle en France.

Transpac

Un premier tournant s'�tablit en France avec le r�seau TRANSPAC. Le r�seau TRANSPAC se basait sur la commutation temporelle de paquets (selon un protocole exp�riment� sur Arpanet et Cyclades -ce dernier � l'IRIA-). Il utilisait le protocole ligne HDLC approuv� au CCITT qui s'inspirait beaucoup du standard SDLC pr�conis� par IBM dans SNA. La proposition de TRANSPAC faite par la DGT fut re�ue sans enthousiasme par les constructeurs informatiques mais beaucoup plus favorablement par des clients qui n'avaient pas encore mis en service un r�seau priv� (notamment les administrations publiques).
Le peu d'enthousiasme des constructeurs �tait principalement d� � la perte de march� entra�n� par la mutualisation des �quipements de concentration � base de mini processeurs. Il �tait d� aussi � l'intervention dans le r�seau applicatif de fournisseurs multiples dont la r�union devait faire entrer dans le jeu d'autres ma�tres d'oeuvre que les services sp�cialis�s des constructeurs, c'est � dire les SSII.

Une controverse bien connue opposa, � propos du r�seau TRANSPAC, les partisans d'un service r�seau de bout en bout � la mani�re du r�seau TELEX (r�seau � base de circuits virtuels, o� la commutation de paquets est invisible aux �quipements terminaux) et les partisans d'un transport de datagrammes o� le r�le de l'administration �tait limit� � un simple r�seau de tuyaux rendant un service de simple transporteur. Il me semble qu'au dessus des probl�mes d'optimisation du service des applications deux approches politico-philosophiques sur le r�le de la DGT s'affrontaient dans ce d�bat. Une conception visait � limiter l'administration �  un r�le d'entretien du r�seau routier et � la cr�ation d'autoroutes, en lui fermant la porte de services nouveaux � l'utilisateur. L'autre conception visait � �tablir un nouveau r�seau (se substituant au r�seau TELEX) et destin� � �tablir un service public de transmission de donn�es o� l'administration pourrait "d�mocratiser" l'usage de la t�l�matique au del� des utilisateurs suffisamment riches pour s'offrir le �l�ments d'un r�seau.

Une filiale ind�pendante de la DGT, fut cr��e pour la maintenance et l'exploitation du r�seau TRANSPAC. Une logique d'offre et de demande intervint sur le march� des transmissions de donn�es, dont la transparence n'�tait pas totale puisque les redevances des lignes lou�es et du r�seau TRANSPAC �tait administr�es. Le r�seau X.25 n'�tait pas exclusivement consacr� aux liaisons inter-ordinateurs, mais aurait d� donner naissance � des terminaux � cette interface. En pratique, le succ�s de Transpac ne fut d� qu'� la fourniture et � l'utilisation de concentrateurs PAD qui multiplexaient les terminaux existants (d'abord et essentiellement t�l�imprimeurs et �crans �mulant les t�l�imprimeurs), puis les terminaux aux protocoles VIP et BSC sur un tuyau X-25. Les tarifs des liaisons lou�es ET de l'utilisation � longue distance du r�seau t�l�phonique commut� assur�rent le succ�s de TRANSPAC bien apr�s les ann�es 1990. Mais d'un service public de communication assurant la livraison de messages de bout en bout, on n'avait tir� qu'un nouveau service de commutation de tuyaux par paquets. Il ne semble pas que les administrations �trang�res ayant r�alis� un r�seau X.25 aient abouti � un r�sultat sensiblement diff�rent des solutions fran�aises.

On a vu qu'IBM avait sans attendre la fourniture d'un r�seau public avait d�velopp� les principes de r�seaux priv�s SNA qui reliaient terminaux, mini-ordinateurs et ordinateurs centraux des clients. La publication externe des standards SNA avait �galement l'objectif d'assurer � l'int�rieur de IBM,  dans les  diff�rents laboratoires de d�veloppement, la discipline n�cessaire � un support relativement rapide et bon march� des divers types de terminaux r�clam�s par les clients et d'assurer l'interconnectabilit� des divers syst�mes d'exploitations h�ritages historiques de l'introduction difficile de la s�rie 360.
Un effort important dans les syst�mes d'exploitation des centraux, de son processeur frontal, et de plusieurs de ses mini-ordinateurs plus ou moins sp�cialis�s permettait � IBM d'offrir dans la seconde moiti� des ann�es 1970 une offre standard de logiciels pour satisfaire les besoins de la majorit� de ses clients. IBM affirmait qu'il ne mettrait pas d'obstacles � l'utilisation de mat�riels concurrents respectant ses standards. En pratique, IBM fit les annonces commerciales de SNA bien avant que les d�tails des sp�cifications n�cessaires � l'interconnexion ne soient �tablis ni, � fortiori, publi�s. L'introduction de SNA pouvait �tre ainsi consid�r� par les concurrents de l'�poque (Univac, Digital, Honeywell, CII) comme un verrouillage machiav�lique de toute l'informatique d'un utilisateur au profit d'IBM (et de ses clones purs, comme Amdahl-Fujitsu, Hitachi...). Une des caract�ristiques des r�seaux SNA �taient qu'ils �taient form�s autour du syst�me central du client et qu'un service de transport de donn�es g�n�ralis� (par exemple de terminal � terminal) n'�tait pas pris en compte. Il est assez vraisemblable que cette d�ficience �tait un peu d� � une politique de non-agression vis � vis de AT&T et au credo envers l'accroissement in�luctable des syst�mes centraux d'entreprise (loi de Grosch).

SNA-DSA 

SNA effrayait bien entendu les concurrents d'IBM partag�s entre l'envie de relever le d�fi et de proposer "leur" alternative � SNA aussi ferm�e que ce dernier, et la tentation de contester le mod�le en d�veloppant leur alternative autour d'un r�seau de transport de donn�es plus ind�pendants des syst�mes centraux consid�r�s comme de simples fournisseurs de service (bases de donn�es, moteurs de calculs...). C'est ce second mod�le alternatif que CII s'effor�a de d�velopper avec son projet NNA. Ce projet avait pris en compte l'exp�rience de Transpac et de Cyclades. Il n'avait pas encore �t� d�ploy� au moment de l'absorption de CII par Honeywell-Bull. La culture des �quipes de Honeywell, de Bull et des anciens de General Electric �tait plus inclin�e � d�velopper une alternative � IBM qu'� s'infiltrer dans le moule IBM. Aussi, le projet NNA de r�seau de transmission de donn�es fut adopt� en principe par le nouveau groupe Honeywell-CII-HB sous le nom de DSA Distributed System Architecture.
DSA, � la diff�rence de SNA, n'�tait pas con�u autour de l'ordinateur central, mais autour de processeurs de r�seau (des mini-ordinateurs Level 6 de Honeywell, dot� d'un syst�me d'exploitation sp�cial con�u � CII-HB). DSA ne visait pas la client�le d'un r�seau public comme Transpac mais �tait destin� � des r�seaux priv�s installables partout dans le monde et utilisant les "tuyaux" des op�rateurs de t�l�phone, qu'ils soient priv�s ou collectifs.
DSA ne re�ut qu'un accueil poli peu enthousiaste de la part des d�partements produits de Honeywell et de CII-HB et de la part des clients. S'ils reconnaissaient les avantages conceptuels de DSA, ils s'inqui�taient de la compatibilit� avec les r�seaux d�j� en place et de la coexistence qu'ils estimaient in�vitable avec IBM. La compatibilit� avec les r�seaux pr�-DSA fut assur�e au d�pens de la puret� architecturale et des d�lais de livraison. En ce qui concerne SNA, DSA proposa, mais d�montra tardivement la connexion du processeur de r�seau au mainframe IBM, en se substituant au frontal IBM.

Un r�seau DSA pur aurait d� respecter la rigueur de l'architecture en couches OSI, alors en cours de d�finition avec l'active participation de CII-HB et de Honeywell. Dans ce contexte, l'interface frontal-central aurait d� se faire en offrant des ports au niveau "session" ne laissant au central que la "pr�sentation" et bien entendu l'application. Les premi�res impuret�s intervinrent dans la connexion au r�seau de mini-ordinateurs agissant simultan�ment en concentrateur de r�seau et de pr�sentation distribu�e voire de transactionnel distribu�. Le co�t des processeurs en 1980 entra�na de les connecter directement au r�seau sous le syst�me d'exploitation GCOS6 compl�tement diff�rent du NPS (le logiciel du processeur frontal). La seconde impuret� vint de la d�cision de supporter les r�seaux pr�-DSA sans alt�ration du logiciel GCOS sur les grands syst�mes DPS-8. Si GCOS7 d�velopp� � Paris fut un peu plus orthodoxe, la coexistence avec le frontal pr�c�dent (URC/MLA) et la connexion de logiciels serveurs transactionnels ne collait pas avec le principe de l'ouverture de session � chaque transaction.
Un autre probl�me de DSA fut celui de concessions de d�tail faites aux autres partenaires des comit�s ISO dans la d�finition des standards, si bien que l'impl�mentation de DSA �tait � peine termin�e qu'une nouvelle g�n�ration OSI se profilait � l'horizon. De plus, CII-HB et Honeywell se refus�rent � ouvrir les standards DSA aux processeurs ext�rieurs au groupe, probablement pour garder la ma�trise d'oeuvre des �volutions estim�es n�cessaires.

A la fin des ann�es 1970, il r�gnait en France une certaine parano�a sur les cons�quences de la supr�matie am�ricaine dans les technologies informatiques et de t�l�communications et le succ�s de la s�rie 360 et de ses clones �tait vu comme le ferment destructeur de la langue fran�aise et de notre culture. Un rival potentiel d'IBM -le groupe AT&T- �tait vu avec moins d'antipathie mais apparaissait aussi mena�ant sur le long terme. L'atmosph�re de l'�poque se retrouve dans le rapport Nora-Minc qui recommandait une intervention publique pour, non seulement assurer la survie de CII-HB, mais aussi faire barrage � la supr�matie de IBM en �tablissant des services publics de t�l�matique.
Il est vraisemblable que cette parano�a n'�tait pas enti�rement partag�e dans le groupe CII-HB dont les �quipes travaillaient sur une base mondiale en �troite collaboration avec des am�ricains plus � m�me que les journalistes fran�ais de juger des forces et des faiblesses de IBM. L'action de CII-HB se poursuivit dans un contexte international en particulier dans les comit�s de normalisation en recherchant l'alliance tactique avec les anciens partenaires de CII (ICL et Siemens) et avec Digital pour essayer de borner les pr�tentions h�g�moniques de IBM. Ils savaient aussi que IBM �tait plus menac� par les lois anti-trust am�ricaines que par les rodomontades des gouvernements indiens, nig�rians ou fran�ais.

Minitel

 Il me semble que les relations technico-politiques entre CII-HB et la DGT ont �t� quelque peu distantes � la fin des ann�es 1970, au moment o� la DGT pr�parait son plan T�l�tel qui consistait � valoriser la distribution de l'annuaire t�l�phonique avec des services t�l�matiques � valeur ajout�e comme l'acc�s (payant) � d'autres bases de donn�es comme les horaires SNCF ou les cours de bourse. Ce plan �tait purement applicable � la France et la participation de CII-HB puis du groupe Bull au r�seau connu sous le nom de Minitel fut g�r� dans le contexte d'un syst�me sp�cial au sein du r�seau commercial France. Le choix du Mini-6 comme base principale des serveurs du r�seau Minitel donnait � Bull un march� incontestable. L'offre de fabrication des terminaux domestiques fut d�clin�e par Bull, les usines ne pouvant passer efficacement au rythme et au prix demand� par la DGT.
Les cons�quences de l'introduction du Minitel chez les consommateurs furent minimis�es en se contentant de supporter le Minitel 1B comme un simple Teletype dans les applications. Le service de courrier �lectronique qui �tait un des piliers d'un service public t�l�matique ne fut gu�re �tudi� par Bull qui se contentait pour son usage propre d'utiliser un r�seau Bulltext fond� sur un logiciel sp�cial de provenance externe.
Le r�seau Minitel a �t� une r�ussite technique incontestable. Le service d'annuaire t�l�phonique gratuit a r�duit les co�ts de la DGT, m�me si les support publicitaire des Pages Jaunes a justifi� le maintien d'annuaires papier. Mais la grande innovation du Minitel a �t� le "service" de la facturation par l'op�rateur rendu aux exploitants de services de base de donn�es, aux entreprises et aussi le coup de pouce donn� aux entreprises de presse pour fournir des services de chat (messageries roses) ou d'annonces commerciales. A c�t� de cela la facturation � la dur�e n'a pas encourag� les concepteurs de pages Minitel � optimiser le temps de recherche par le client. S'il est certain que la facturation � la dur�e par l'op�rateur a diminu� de mani�re significative les co�ts pour le diffuseur de donn�es, la passivit� du client devant la facturation des annonces � connotation publicitaires (tels les horaires SNCF) a �tonn� les observateurs �trangers. Il semble bien qu'en France, ces clients passifs coexistent avec d'autres clients r�tifs qui n'ont pas encore acquis apr�s 50 ans de poste de t�l�vision.
Le projet Minitel �tait fond� sur des terminaux tr�s bon march� qui firent un usage important du r�seau TRANSPAC en utilisant des PAD sp�cialis�s pour leur rattachement aux serveurs Minitel via X.25. Cependant au m�me moment commen�ait � se r�pandre en Europe la premi�re g�n�ration de micro-ordinateurs domestiques -avec processeurs 8-bits-. A l'�tranger une bonne partie du service Minitel �tait assur� par les BBS coupant un peu l'herbe sous les pieds d'une exportation du Minitel. Certes CEEFAX �tait le T�l�tel britannique, mais les amorces de privatisation de British Telecom n'�taient pas favorables � la distribution gratuite de terminaux aux abonn�s domestiques et le standard CEEFAX resta d'une diffusion confidentielle.

Plan IPT

Un autre plan de services t�l�matiques naquit en dehors de la DGT sous l'impulsion du gouvernement dans la premi�re moiti� des ann�es 1980, c'est le plan "Informatique pour Tous" visant � installer l'informatique dans les lyc�es et coll�ges. A l'�tranger -Canada, Scandinavie, certains �tats am�ricains-, cette introduction se faisait progressivement utilisant des ordinateurs Apple II ou Commodore parfois connect�s � de s r�seaux universitaires ou � des BBS. le plan "informatique pour tous" fut initialement envisag� avec des Apple Macintosh de la nouvelle g�n�ration avec la m�me philosophie. Le Mac avait contre lui d'�tre cher et la volont� politique de faire un plan d'�quipement identique pour toute la France fut de faire au niveau de chaque �tablissement un nanor�seau avec des compatibles PC (Micral ou Goupil) comme serveurs et des machines Thomson 8-bits comme clients. Ce plan fut d�ploy� avant de savoir quel contenu serait install�. Au total, ce fut un fiasco qui discr�dita l'informatique aupr�s d'enseignants gu�re enclins � la technologie, ce qui d�truisit une des chances de modernisation de l'enseignement, non seulement en France mais en Francophonie. Il ne semble pas que la DGT ait eu une part quelconque dans ce plan de services sp�cialis�s de t�l�matique. Quant aux constructeurs leur participation se limita � une action commerciale pour obtenir la part la plus grande possible de cette dotation budg�taire.

Open Systems

A cette m�me �poque (1983-1985), la direction de Bull SA (nationalis�e et ayant regroup� presque toutes les ressources de l'informatique fran�aise) s'avisa que DSA n'�tait vue par le march� et le r�seau commercial Bull que comme une simple r�ponse � SNA de IBM, et que la r�ponse � la domination am�ricaine ne pouvait venir que d'une politique volontariste � l'�chelon europ�en, qui imposerait une batterie de standards ce qui obligerait IBM (et ses clients?) � passer sous les fourches caudines de standards obligatoires (UNIX au niveau des syst�mes d'exploitation) et la pile OSI au niveau des r�seaux, ces standards devant rel�guer aux oubliettes de l'histoire SNA , OS/MVS et autres PC-DOS.
Certes, dans la communaut� universitaire am�ricaine, TCP/IP faisait bon m�nage avec UNIX et �tait livr� en standard avec la version Berkeley. Bull se d�fiait-il des initiatives universitaires ou pensait-il indispensable une alliance avec AT&T pour se d�faire de IBM ? ou bien croyait-il vraiment aux affirmations que ses produits DSA �tait facilement adaptable aux syst�mes ouverts ? Toujours est-il que la strat�gie de la Compagnie fut dirig�e vers le mod�le de syst�mes ouverts � base de UNIX, mais d'un UNIX dont la compatibilit� se limitait aux interfaces et protocoles d'applications. Ce n'�tait en aucune mesure la tendance aux logiciels � la carte ni � fortiori des logiciels libres tels que connus � la fin des ann�es 1990. L'id�e �tait de regrouper logiciel de base et mat�riel pour obtenir des revenus �gaux et des co�ts inf�rieurs aux syst�mes propri�taires dont l'abandon �tait envisag� pour la fin des ann�es 1980. 

La r�alisation de la pile OSI ne devait pas entra�ner de changements importants de mat�riel. Le Mini-6 du d�but �tait remplac� comme Frontal par un MainWay � base de microprocesseurs 68000 mais le logiciel avait fait l'objet d'un portage. Les d�veloppements des logiciels OSI avaient entrepris dans le cadre d'un projet command� par France T�l�coms et l'EDF qui avait auparavant choisi de d�velopper ses protocoles Retina pour ne pas choisir entre SNA et DSA  et qui maintenant s'alignait sur OSI.
Cependant, les utilisateurs UNIX y compris les utilisateurs internes et y compris IBM qui collabora avec Bull sur AIX depuis 1992 ne pouvaient ignorer longtemps la vague Internet fond�e sur TCP/IP.


Ordinateur Personnel et R�seaux

L'autre fait d�cisif fut le d�veloppement de l'ordinateur personnel autour de l'architecture IBM PC qui d�pla�a la discussion sur les terminaux et les r�seaux locaux. Lors de la conversion de Microsoft � Internet fin 1995, la partie �tait jou�e et les constructeurs ni IBM, ni � fortiori Bull ne pouvait plus que constater l'existence d'un standard de facto. Il semble que certains architectes du milieu t�l�coms persistaient � esp�rer que Internet garderait un caract�re exp�rimental et que le besoin du multim�dia (son et images anim�es) imposerait de nouveaux standards aux autoroutes de l'information. 
Cette id�e remonte probablement aux ann�es 1980. Les architectes de la DGT avaient tendance � une segmentation des r�seaux en fonction des applications (r�seau de transmissions de texte, r�seau de transmission de la voix, r�seau de transmission de la t�l�vision, r�seau de transmission de la t�l�vision HD) r�seaux dont chacun devait �tre optimis� de bout en bout avec des initiatives de l'administration. 

L' approche en g�n�rations successives de r�seaux et de la fragmentation de l'offre �tait en opposition de phase avec la plupart des clients et avec l'industrie informatique qui privil�giait une utilisation des tuyaux disponibles pour faire passer, fut-ce au chausse-pied, les informations n�cessaires. Des inventions telles que l'utilisation des algorithmes de compression, la strat�gie de transmission avec risque de perte de paquets (UDP/IP)  r�pondirent plus ou moins bien aux besoins sans attendre la disponibilit� des nouveaux r�seaux.
Le besoins en transmissions internationales aussi bien pour les entreprises que pour les individus afin d'acc�der aux bases de donn�es Web dont la localisation devenait peu importantes (les astronomes, m�me amateurs,  se connectent de fa�on transparente dans la m�me activit� � Strasbourg, � Br�me ou � Pasadena). Cette dimension internationale a fait du r�seau t�l�phonique avec des modems de plus en plus rapides, des r�seaux IP de datagrammes optimis�s par l'exploitation de la boucle terminale en ADSL la base de la t�l�matique de l'an 2000. Une autre raison du succ�s d'Internet a �t� la facturation � un prix voisin de son co�t marginal, un peu par son utilisation en support publicitaire mais surtout par suite de la concurrence qui a suspendu le privil�ge du monopole � d�cider de ses investissements et permis un perfectionnement progressif d'un r�seau unifi�. Certes, le service de t�l�vision HD � la demande n'est pas encore tout � fait disponible. Certes la t�l�matique sur mobiles est encore d�fectueuse, mais les barrages qui limitaient la plupart des attentes r�elles du consommateur ont c�d� sans que les r�volutions de l'introduction de nouveaux r�seaux soient n�cessaires.

Internet

Le r�seau Internet, tel qu'il s'est impos�, est fond� sur des axes principaux reliant les principaux FAI (fournisseurs d'acc�s � Internet) par des liaisons lou�es (directement aux op�rateurs ou par l'interm�diaire de grossistes qui les louent aux op�rateurs r�els). Il est connect� aux utilisateurs soit par des r�seaux locaux (LAN) priv�s soit par des liaisons du r�seau public. Dans ces derni�res liaisons, le r�seau t�l�phonique commut� (RTC) assurait par l'interm�diaire de modems l'essentiel du trafic tant que l'ADSL ne rendit la connectivit� � Internet quasi-permanente pour de plus en plus d'utilisateurs. Cependant, on ne doit pas sous-estimer l'impact du standard PPP qui permet � plusieurs liaisons Internet de coexister sur la m�me liaison, de mani�re quasi invisible � l'op�rateur t�l�phonique, s�parant d�finitivement le concept de circuit virtuel vu par le t�l�phoniste de son image pour l'informaticien.

Fax

La transmission des images sur des lignes de t�l�communication est ant�rieure � l'arriv�e de l'ordinateur. Les PTT, dans le cadre du CCITT, peut-�tre pouss�s par les Japonais qui ne disposaient pas encore de wodpuro, normalis�rent plusieurs standards dont le groupe 3 de transmission sur le r�seau t�l�phonique commut� s'imposa au d�but des ann�es 1980. Le prix des machines fax devint � la port�e des petites entreprises et de certains individus, port�s par les march�s asiatiques.
Lorsque les modems commenc�rent � se standardiser pour les (relativement) hautes vitesses, les US Robotics et autres Hayes n'eurent pas beaucoup de mal � ajouter l'option fax sur les modems offerts sur le  micro-ordinateurs. C'est ainsi que le fax sur micro avec imprimante et scanner se mit lui-m�me � faire concurrence aux t�l�copieurs sp�cialis�s.
Certes les communications t�l�phoniques internationales �taient plus on�reuse que le t�lex, mais la quantit� d'informations transmises par fac-simil� � un correspondant ne parlant pas votre langue �tait nettement sup�rieure � un coup de  t�l�phone de m�me dur�e.

Le fax fut ainsi roi pendant la p�riode 1985-1995 sans que les op�rateurs y aient beaucoup pris garde. Ce n'est qu'avec le d�veloppement d'Internet et la g�n�ralisation de micro-ordinateurs individuels que cette vogue a commenc� une d�croissance.

En particulier le fax sur r�seau � int�gration de service (ISDN) -groupe 4-fut globalement un �chec.

R�seau Num�rique � Int�gration de Services (RNIS)

A l'aube des ann�es 1990, le RNIS (en anglais ISDN) semblait promis � un brillant avenir. Aussi bien les op�rateurs historiques que Microsoft y voyait un moyen de faire parvenir la t�l�matique au domicile des particuliers en leur offrant une liaison � 64 Kbps sans occuper leur liaison vocale. 
Cet optimisme fut d��u par la politique tarifaire des op�rateurs qui voulurent d'abord percevoir la manne correspondant � l'�quipement des entreprises(agences bancaires, agences de voyage) pour lesquelles les RNIS repr�sentaient des solutions �conomiques pour connecter en mode "texte" de petits r�seaux locaux. Mais les tarifs restaient dissuasifs pour des utilisateurs individuels qui au m�me moment se trouv�rent sollicit�s par le lancement des r�seaux de t�l�phonie mobile et � qui on faisait miroiter des solutions beaucoup plus rapides que le RNIS.
Les cr�ateurs de contenu pour Internet, surfant sur la vague des outils multim�dia �normes consommateurs de bande passante, eurent leur part de responsabilit� dans une attente de bande passante bien sup�rieure � l'incr�ment que proposait le RNIS.
La disponibilit� de l'ADSL (et des modems sur le c�ble) a finalement scell� le destin du RNIS qui conservera une utilit� marginale dans des r�gions mal desservies par des solutions plus rapides, mais dans un contexte diff�rent, celui de la d�r�gulation et de la concurrence. La lenteur dans le d�ploiement des r�seaux ISDN a fait perdre une chance aux op�rateurs historiques.

Impact de l'infog�rance

Depuis la fin des ann�es 1980, de plus en plus de soci�t�s ayant d�velopp� leurs propres syst�mes d'information et souvent leur propre r�seau cherchent � r�duire leurs co�ts en externalisant leur d�partement informatique. M�me des groupements mutualis�s comme le centre de r�servations des compagnies a�riennes SABRE se fait absorber par la soci�t� d'infog�rance EDS. IBM constructeur c�de progressivement la place � IBM Global Services. L'id�e des ann�es 1970, � l'apog�e des r�seaux de "time-sharing" de distribution  de puissance informatique par l'interm�diaire du r�seau est en train de r� �merger par le biais d'un oligopole de gros fournisseurs ayant une couverture mondiale et desservent par un m�me r�seau prot�iforme postes de travail et ordinateurs personnels. Cette concentration  de l'informatique op�rationnelle se retrouve dans celle des serveurs d'informations o� l'h�bergement mutualis� devient la r�gle et qui ont probablement vocation � �tre regroup�s dans les m�mes installations que l'informatique traditionnelle. 
Par contre le risque de confusion entre fournisseurs de contenu et fournisseurs de tuyau redout� dans les ann�es 1970 et annonc� comme in�vitable (voire souhaitable quand le promoteur �tait fran�ais) dans les ann�es 1990  s'amenuise quelque peu. Internet se montre particuli�rement r�luctant � la concentration des contenus (cf. le piratage du monopole des majors en musique).

R�seaux de T�l�vision

On ne saurait �tre complet sans �voquer un probl�me qui n'a pour le moment gu�re concern� les informaticiens, c'est celui de la diffusion de la t�l�vision. A l'aube des ann�es 1980, un r�seau de diffusion hertzienne couvrant une portion de bande VHF (traditionnellement attribu�e � la t�l�vision dans tous les pays) diffusait des programmes dans le cadre du monopole de l'ORTF. Il �tait pour l'essentiel aliment� par faisceaux hertziens de ce qui deviendra TDF. Comme dans beaucoup de pays, la t�l�vision pouvait s'�tendre dans la bande UHF. L� o� en Am�rique, cette bande devait �tre utilis�e pour des cha�nes mineures priv�es, en France, on d�cida de profiter de l'ouverture de cette bande pour basculer les cha�nes publiques du standard 819 lignes au standard europ�en en 625 lignes. Le monopole fut abandonn� au profit d'un oligopole de soci�t�s au capital plus r�glement� que le contenu et la r�duction du service public � 2 cha�nes principales (compl�t�es plus tard par Arte et la Sept). En m�me temps, une cha�ne crypt�e � p�age se faisait allouer les fr�quences lib�r�es sur la bande VHF. Au d�but des ann�es 1980, le Japon lan�ait un nouveau r�seau de t�l�diffusion � haute d�finition MUSE qui semblait pr�senter une menace pour les �quipementiers et les fabricants de t�l�viseurs europ�ens qui venaient de conqu�rir le march� am�ricain (Philips-Magnavox, Thomson-RCA). Les ing�nieurs de ces soci�t�s s'efforc�rent de torpiller les initiatives japonaises en imaginant une introduction tr�s lente de la TV HD par �tapes successives (�cran 16/9, D2Mac,...) qui avaient l'avantage � leurs yeux d'obliger la client�le � un renouvellement rapide de leur parc. La disponibilit� de la technologie informatique leur permit d'introduire une confusion suppl�mentaire, celle de la technologie num�rique appliqu�e d�j� au t�l�phone, de multiplexage temporel sur une fr�quence. Cette strat�gie de multiplication des canaux au d�pens de la TV-HD repouss�e aux calendes grecques obtint rapidement la faveur des diffuseurs de programmes, et celle de nouveaux op�rateurs de t�l�vision c�bl�e. N�e aux �tats-Unis o� il n'y avait pas de monopole sur les tranch�es, cette formule se d�veloppa d'abord sous forme analogique (par multiplex de fr�quences) et fut � l'origine du plan c�ble fran�ais. Technologies coaxiales en cuivre et fibre optique pouvaient se d�velopper en parall�le du moment que le c�ble supportait sous ces deux formes une trentaine de programmes. Ce nombre d�passa  la centaine lorsque le multiplex num�rique fut install� sur les m�mes c�bles.
 Cette diffusion par c�ble appropri�e aux secteurs bien urbanis�s avait la faveur d'un pouvoir politique soucieux de pr�server ses citoyens des informations �trang�res et des diffuseurs soucieux de pr�server leurs "droits" cin�matographiques et sportifs sur les contenus et attribu�s sur une base g�ographique. L'incapacit� de c�bler les r�gions rurales finirent par faire tol�rer la r�ception directe par satellite qui offrait une alternative au c�ble et permettait � des diffuseurs comme CNN et les t�l�visions �trang�res d'arroser un continent entier. Le passage au num�rique sur des bandes d'hyperfr�quences permit d'atteindre le millier de cha�nes sur une m�me position de satellite, avec bien entendu les contraintes de r�ception (vue directe du satellite). L� o� l'Allemagne privil�giait la t�l�vision publique et gratuite, il faut noter que tant sur le c�ble que le satellite, la France faisait (et fait encore) payer la r�ception de ses cha�nes publiques. On peut rapprocher cette attitude de celle prise sur le Minitel.

Les espoirs mis sur le c�ble pour multiplexer la t�l�diffusion avec des services interactifs n'ont pas �t� confirm�s. Des services interactifs existent certes, tant sur le c�ble que sur le satellite, mais l'op�rabilit� en est d�fectueuse et l'espoir caress� par les fabricants de t�l�viseurs de concurrencer les ordinateurs domestiques que par les diffuseurs de leur donner des services ajout�s (t�l�achats, p�ages additionnels) sont donn� des r�sultats peu convaincants. Doit-on en rendre responsable le syst�me lui-m�me ou le mod�le �conomique sous-jacent ? Je ne saurais trancher, mais suis inclin� � imputer l'�chec au mod�le �conomique.
Au d�but des ann�es 1990, le probl�me de la t�l�vision � la demande, c'est � dire de la diffusion d'une transmission t�l�visuelle en point � point refit surface. Une migration de la t�l�diffusion vers une transmission des images � la carte aurait eu bien entendu un gros impact sur la demande d'extension du r�seau dans tous ses aspects. Actuellement, et depuis la fin des ann�es 1990, Internet � haut d�bit permet la diffusion individuelle de clips vid�o voire de cha�nes de t�l�vision � la demande vers un ordinateur individuel dans des conditions tol�rables, mais inf�rieures � la t�l�vision classique. La principale raison de son utilisation � basse d�finition r�side dans l'�troitesse des tuyaux � l'�mission entre le serveur du diffuseur et le r�seau. Bien entendu les capacit�s de celui-ci devraient �tre significativement agrandies si un usage g�n�ralis� de la t�l�vision � la demande se produisait. Mais il est vraisemblable que la demande est limit�e par la diff�rence de confort du spectateur et par la disponibilit� d'un large choix de programmes.

Domotique

Il existe un protocole de r�seau largement ignor� par les informaticiens qui joue dans la vie courante un r�le non n�gligeable, dans la domotique. La num�rotation par fr�quences vocales naquit, semble-t-il, dans les ann�es 1950 et r�ussit avec la g�n�ralisation des centraux t�l�phoniques � supplanter la num�rotation par impulsions dans les ann�es 1980, tout en coexistant encore avec celle-ci. Ce protocole pouvait se prolonger bien au del� de la simple num�rotation dans des �quipements domotiques, dans des interrogations de bases de donn�es. Ses limites en mati�re de d�bit sont �videntes, son utilit� parce qu'elle r�utilise le clavier du t�l�phone et m�me  des r�seaux mobiles ne l'est pas moins. Une technologie identique a �t� utilis�e sur des r�seaux locaux domestiques (ascenseurs, portiers automatiques). Le march� de cette technologie du c�t� serveur est tr�s fragment� et pas n�cessairement optimal, mais il existe et depuis fort longtemps et continuera d'�tre utilis� pendant longtemps par suite de la fragmentation de ce march�.

On notera pour m�moire l'existence de r�seaux locaux de communication radio: le r�seau DECT num�rique essentiellement utilis� pour les combin�s mobiles fonctionnant en liaison avec un poste de donn�es principal � tr�s faible port�e, le r�seau Bluetooth r�duit � quelques stations ayant vocation � l'interconnexion radio d'appareils individuels, et plus r�cemment les r�seaux WiFi � d�bit et port�e plus important dont l'�volution doit repr�senter un composant important de Internet.

T�l�communication avec mobiles

Enfin, il existe un autre type de r�seau o� coexistent informatique et t�l�communications, c'est celui des communications mobiles essentiellement utilis�s pour les communications t�l�phoniques. Apr�s une exploitation de communications analogiques, le GSM num�rique a eut un succ�s retentissant dans tous les pays du monde (des versions incompatibles du point de vue strictement r�seau existent aux USA et au Japon). Le taux d'�quipement mondial approche le niveau des lignes fixes. Son utilisation informatique, le WAP, sur PDA ou directement sur l'�cran minuscule du mobile a �t� un �chec spectaculaire par suite de la sp�culation effr�n�e qui a r�gn� autour de 2000 sur les applications de l'Internet. L'essor spectaculaire du GSM pour le transport de la voix venait d'une aspiration consid�rable de la demande professionnelle, familiale et d'urgence qui attendait une offre � un prix raisonnable.
Le perfectionnement GPRS risque d'�tre beaucoup moins spectaculaire par manque d'applications critiques. Il n'est pas certain que sa version Vid�ophone soit suffisante pour d�clencher une vague d'achats. Il est possible qu'une mode, d�tectable au Japon, puisse lui assurer un certain succ�s � condition que les offres tarifaires en soient pas p�nalisantes. L'UMTS offrant aux mobiles une bande passante voisine de celle du haut d�bit souffre encore pour le moment d'un manque de maturit� des appareils informatiques portables en mati�re d'op�rabilit� et d'autonomie.

Les liaisons directes par satellites (essentiellement Inmarsat aujourd'hui) doivent aussi constituer un des �l�ments pour une autonomie compl�te des mobiles � l'�gard des infrastructures fixes. La d�b�cle de Iridium et les interf�rences des applications militaires semblent devoir retarder ce type de liaison au del� de ce qui �tait pr�visible vers 1995.

 

 

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