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INFORMATIQUE et tlmatique

Retour Histoire de l'Informatique
 03-Mar-2003 dernire mise jour 17 avril 2009

Cette note est un travail prparatoire destin recevoir avis et commentaires pour une contribution l'histoire de l'informatique et des tlcommunications en France.
Je continue de m'tonner de l'absence de synergie qui a rgn entre la compagnie Bull, nationalise de 1982 1995, et l'oprateur de tlphone national que l'Etat avait choisi de lui donner comme principal actionnaire. Peut-tre la discussion des points de contact entre informatique et tlmatique pourra claircir ce qui reste encore mes yeux trs obscur.

Introduction

Alors que la plupart des acteurs techniques de l'informatique et des tlcommunications des annes 1960-1970 ne sont plus maintenant en activit et sont  pour la plupart dgags du devoir de rserve, il semble possible de commencer explorer l'histoire des interactions entre ces deux branches d'industrie, leurs similitudes et leurs diffrences et les causes profondes des incomprhensions et divergences qui ont rgn entre elles. On ne cherchera pas ici descendre au niveau des responsabilits personnelles d'individus responsables, ni tout expliquer par des considrations sociologiques ou politiques.

Technologiquement, les deux branches d'activit  se rapprochent par une technologie commune qui est devenue partir de la fin des annes 1960 base dans les deux branches sur l'lectronique 90% digitale et sur la part de plus en plus grandissante du logiciel. D'ailleurs tant aux tats-Unis (AT&T, Bell Labs) qu'en France (CNET) ou au Japon (NTT), les laboratoires de tlcommunications ont dvelopp des ordinateurs, soit tous seuls, soit en liaison avec l'industrie (Japon).

La particularit de ce qu'on appelle aujourd'hui les oprateurs de tlcommunications est qu'ils sont soit des compagnies de cration rcente (la fin des annes 1980) ou bien les hritiers des monopoles (qu'ils soient d'anciennes administrations d'tat ou des compagnies qui l'tat a concd un monopole). 
Par contre, il ne semble pas qu'il ait exist (pas mme en Union Sovitique) d'arsenaux d'tat fabriquant des ordinateurs en exerant le monopole de la diffusion de leur production.

En consquence la notion de service public est reste trangre aux cadres et aux ingnieurs de l'industrie informatique alors qu'elle a imbib la culture des socits de tlcommunications par leur souci de prcautions quant la continuit de service et d'un encadrement de la demande. On devrait rapprocher les motivations d'un cadre chez les oprateurs de celles habitant les autres services de transport (la poste bien sr, le transport d'nergie, les trains ou les responsables des routes). Priorit tait donne au respect des engagements pris sous rserve d' actes de Dieu, pour prendre la terminologie anglo-saxonne, tels qu'inondation, catastrophe nuclaire ou grve... Ce service public tait rempli un cot qui tait essentiellement associ aux dotations budgtaires et vendu un prix qui relevait d'un certain arbitraire rendu au niveau de l'tat et du parlement.

 Contrairement la plupart des autres services publics o le cot rside autant sinon plus dans celui de la production (gaz, lectricit non nuclaire, chemins de fer), le cot marginal de transport d'informations (voix ou donnes) est voisin de zro dans la mesure o il n'existe pas d'engagement du producteur de service pour satisfaire une demande risquant d'excder les capacits prsentes. La Poste, elle pourtant voisine bien des gards, a un cot marginal significatif. La dotation budgtaire du monopole Tlcom est donc largement consacre aux investissements. Ceux-ci avaient t longtemps maintenus un niveau trs bas jusqu' la prise de conscience du sous-dveloppement tlphonique franais.

Les utilisateurs de l'informatique dcouvrirent l'utilit de la tlmatique dans les annes 1960 et pressrent leurs constructeurs de leur apporter des solutions. L'attitude de ces derniers a t, et est peut tre encore aujourd'hui, d'exploiter au mieux l'existant fourni par les oprateurs. Essayer de dcouvrir par exemple des modems haute vitesse comme le faisait le laboratoire de IBM de La Gaude tait marcher dans le pr rserv des PTT et de leurs fournisseurs attitrs et ne dpassa gure le statut exprimental. En se contentant d'utiliser l'offre de tuyaux existants (TELEX, lignes loues tlphoniques, rseau tlphonique commut), les informaticiens tenaient le monopole pour un fait accompli, le prix relatif des liaisons galement avec lesquels on essayait de jongler par des solutions techniques propres et des combinaisons de toutes les solutions.

J'aimerais dcrire titre d'exemple une situation vcue Honeywell-Bull en 1972. La compagnie disposait d'une ligne loue tlphonique transatlantique offrant une bande passante de 2400 bauds en numrique, entre Paris-Gambetta et Boston-Wellesley. Elle tait utilise de 13:00Z au lendemain matin pour des transmissions vocales entre le central priv de Gambetta et les centraux amricains (PABX) de Boston, Minneapolis et Phoenix. A partir de 19:00Z, cette liaison pouvait tre ouverte depuis des postes privs de la rgion parisienne, dment attitrs, qui en appelant un numro local parisien entraient en rapport avec l'oprateur amricain de Minneapolis, puis de Phoenix et ce jusqu' la fermeture des postes amricains vers 06:00Z. A partir de ce moment la ligne tait partage au moyen un multiplexeur FDM priv situ Gambetta communiquant avec un FDM identique Boston-Billerica  entre six tlimprimeurs Teletype 37 avec modem asynchrone vers des modems quivalents connects un systme MULTICS 645. Ce systme MULTICS tait galement utilis par une douzaine de terminaux Boston dont seuls un ou deux taient dj utiliss la nuit aux USA. Cette liaison nous permettait de constituer des fichiers programmes de lancer des essais de compilation et de savoir si cela s'tait bien pass ainsi que de poster des email avec nos collgues outre-Atlantique. Comme nous n'avions pas de moyens pour obtenir les rsultats (des paquets de cartes perfores) par tlphone, la solution de dpcher un porteur l'avion (partant de Boston 02:00Z le lendemain et arrivant Paris vers 08:00Z) avait t retenue. Cette situation dura environ 6 mois, l'issue de laquelle un autre systme MULTICS fut installe Paris et la synchronisation se fit par change de bandes magntiques (elles aussi transportes par avion).
Ce qu'il  faut remarquer dans cette description que l'utilisateur prenait le risque de ne pas avoir un service parfait (il arrivait souvent que les caractres de contrle d'cho se perdent et que ayons la rponse au son -bruit que faisait le Teletype sans imprimer rellement) et d'avoir des services au marge des rglements (poste RTC connect directement aux USA) pour installer une solution dans un minimum de temps.

On voit nettement sur cet exemple que les constructeurs n'ont pas attendu que l'administration leur fournisse un rseau pour dvelopper avec les moyens disponibles une solution ad-hoc. Certains clients se plaignirent auprs de l'administration des cots induits par des rglements et/ou une tarification qui rendaient les solutions plus coteuses ou moins performantes que les solutions disponibles dans certains pays trangers et de l'immense difficult que posaient jusqu'aux annes 1980 les liaisons transnationales. 

Il faut noter que les administrations europennes, contrairement aux tats-Unis, dcidrent de se contenter d'agrer les modems et non de les imposer ainsi que les quipements terminaux comme c'tait le cas pour le rseau TELEX ou la totalit des transmissions de donnes aux tats-Unis l'exception des liaisons se droulant sur un terrain priv et celles utilises par les services de la Dfense. C'est donc au dbut des annes 1960 que l'on peut faire remonter la privatisation d'une partie du service public de tlcommunications. Les compagnies d'informatique se satisfaisaient de ce statut, installant chez chaque client intress par les applications de tlcommunications le matriel ncessaire n'hsitant pas livrer des lments sur mesure bass sur le service chaque client.

L'utilisation du rseau commut RTC pour les applications informatiques tait pnalis par des dbits limits initialement 300 bauds puis longtemps 600/1200 bauds qui convenaient aux terminaux de genre Teletype. Par ailleurs les temps d'tablissement des communications en RTC taient importants et n'en permettaient gure l'utilisation pour des interactions courtes. La numrotation directe par l'ordinateur sur RTC tait disponible mais son utilisation tait regarde avec suspicion par l'administration, redoutant les usages abusifs (dj le spamming !). Cependant le protocole X21 de commutation rapide de circuits labor sous la pression des administrations scandinaves n'atteignit pas la disponibilit oprationnelle en France.

Transpac

Un premier tournant s'tablit en France avec le rseau TRANSPAC. Le rseau TRANSPAC se basait sur la commutation temporelle de paquets (selon un protocole expriment sur Arpanet et Cyclades -ce dernier l'IRIA-). Il utilisait le protocole ligne HDLC approuv au CCITT qui s'inspirait beaucoup du standard SDLC prconis par IBM dans SNA. La proposition de TRANSPAC faite par la DGT fut reue sans enthousiasme par les constructeurs informatiques mais beaucoup plus favorablement par des clients qui n'avaient pas encore mis en service un rseau priv (notamment les administrations publiques).
Le peu d'enthousiasme des constructeurs tait principalement d la perte de march entran par la mutualisation des quipements de concentration base de mini processeurs. Il tait d aussi l'intervention dans le rseau applicatif de fournisseurs multiples dont la runion devait faire entrer dans le jeu d'autres matres d'oeuvre que les services spcialiss des constructeurs, c'est dire les SSII.

Une controverse bien connue opposa, propos du rseau TRANSPAC, les partisans d'un service rseau de bout en bout la manire du rseau TELEX (rseau base de circuits virtuels, o la commutation de paquets est invisible aux quipements terminaux) et les partisans d'un transport de datagrammes o le rle de l'administration tait limit un simple rseau de tuyaux rendant un service de simple transporteur. Il me semble qu'au dessus des problmes d'optimisation du service des applications deux approches politico-philosophiques sur le rle de la DGT s'affrontaient dans ce dbat. Une conception visait limiter l'administration   un rle d'entretien du rseau routier et la cration d'autoroutes, en lui fermant la porte de services nouveaux l'utilisateur. L'autre conception visait tablir un nouveau rseau (se substituant au rseau TELEX) et destin tablir un service public de transmission de donnes o l'administration pourrait "dmocratiser" l'usage de la tlmatique au del des utilisateurs suffisamment riches pour s'offrir le lments d'un rseau.

Une filiale indpendante de la DGT, fut cre pour la maintenance et l'exploitation du rseau TRANSPAC. Une logique d'offre et de demande intervint sur le march des transmissions de donnes, dont la transparence n'tait pas totale puisque les redevances des lignes loues et du rseau TRANSPAC tait administres. Le rseau X.25 n'tait pas exclusivement consacr aux liaisons inter-ordinateurs, mais aurait d donner naissance des terminaux cette interface. En pratique, le succs de Transpac ne fut d qu' la fourniture et l'utilisation de concentrateurs PAD qui multiplexaient les terminaux existants (d'abord et essentiellement tlimprimeurs et crans mulant les tlimprimeurs), puis les terminaux aux protocoles VIP et BSC sur un tuyau X-25. Les tarifs des liaisons loues ET de l'utilisation longue distance du rseau tlphonique commut assurrent le succs de TRANSPAC bien aprs les annes 1990. Mais d'un service public de communication assurant la livraison de messages de bout en bout, on n'avait tir qu'un nouveau service de commutation de tuyaux par paquets. Il ne semble pas que les administrations trangres ayant ralis un rseau X.25 aient abouti un rsultat sensiblement diffrent des solutions franaises.

On a vu qu'IBM avait sans attendre la fourniture d'un rseau public avait dvelopp les principes de rseaux privs SNA qui reliaient terminaux, mini-ordinateurs et ordinateurs centraux des clients. La publication externe des standards SNA avait galement l'objectif d'assurer l'intrieur de IBM,  dans les  diffrents laboratoires de dveloppement, la discipline ncessaire un support relativement rapide et bon march des divers types de terminaux rclams par les clients et d'assurer l'interconnectabilit des divers systmes d'exploitations hritages historiques de l'introduction difficile de la srie 360.
Un effort important dans les systmes d'exploitation des centraux, de son processeur frontal, et de plusieurs de ses mini-ordinateurs plus ou moins spcialiss permettait IBM d'offrir dans la seconde moiti des annes 1970 une offre standard de logiciels pour satisfaire les besoins de la majorit de ses clients. IBM affirmait qu'il ne mettrait pas d'obstacles l'utilisation de matriels concurrents respectant ses standards. En pratique, IBM fit les annonces commerciales de SNA bien avant que les dtails des spcifications ncessaires l'interconnexion ne soient tablis ni, fortiori, publis. L'introduction de SNA pouvait tre ainsi considr par les concurrents de l'poque (Univac, Digital, Honeywell, CII) comme un verrouillage machiavlique de toute l'informatique d'un utilisateur au profit d'IBM (et de ses clones purs, comme Amdahl-Fujitsu, Hitachi...). Une des caractristiques des rseaux SNA taient qu'ils taient forms autour du systme central du client et qu'un service de transport de donnes gnralis (par exemple de terminal terminal) n'tait pas pris en compte. Il est assez vraisemblable que cette dficience tait un peu d une politique de non-agression vis vis de AT&T et au credo envers l'accroissement inluctable des systmes centraux d'entreprise (loi de Grosch).

SNA-DSA 

SNA effrayait bien entendu les concurrents d'IBM partags entre l'envie de relever le dfi et de proposer "leur" alternative SNA aussi ferme que ce dernier, et la tentation de contester le modle en dveloppant leur alternative autour d'un rseau de transport de donnes plus indpendants des systmes centraux considrs comme de simples fournisseurs de service (bases de donnes, moteurs de calculs...). C'est ce second modle alternatif que CII s'effora de dvelopper avec son projet NNA. Ce projet avait pris en compte l'exprience de Transpac et de Cyclades. Il n'avait pas encore t dploy au moment de l'absorption de CII par Honeywell-Bull. La culture des quipes de Honeywell, de Bull et des anciens de General Electric tait plus incline dvelopper une alternative IBM qu' s'infiltrer dans le moule IBM. Aussi, le projet NNA de rseau de transmission de donnes fut adopt en principe par le nouveau groupe Honeywell-CII-HB sous le nom de DSA Distributed System Architecture.
DSA, la diffrence de SNA, n'tait pas conu autour de l'ordinateur central, mais autour de processeurs de rseau (des mini-ordinateurs Level 6 de Honeywell, dot d'un systme d'exploitation spcial conu CII-HB). DSA ne visait pas la clientle d'un rseau public comme Transpac mais tait destin des rseaux privs installables partout dans le monde et utilisant les "tuyaux" des oprateurs de tlphone, qu'ils soient privs ou collectifs.
DSA ne reut qu'un accueil poli peu enthousiaste de la part des dpartements produits de Honeywell et de CII-HB et de la part des clients. S'ils reconnaissaient les avantages conceptuels de DSA, ils s'inquitaient de la compatibilit avec les rseaux dj en place et de la coexistence qu'ils estimaient invitable avec IBM. La compatibilit avec les rseaux pr-DSA fut assure au dpens de la puret architecturale et des dlais de livraison. En ce qui concerne SNA, DSA proposa, mais dmontra tardivement la connexion du processeur de rseau au mainframe IBM, en se substituant au frontal IBM.

Un rseau DSA pur aurait d respecter la rigueur de l'architecture en couches OSI, alors en cours de dfinition avec l'active participation de CII-HB et de Honeywell. Dans ce contexte, l'interface frontal-central aurait d se faire en offrant des ports au niveau "session" ne laissant au central que la "prsentation" et bien entendu l'application. Les premires impurets intervinrent dans la connexion au rseau de mini-ordinateurs agissant simultanment en concentrateur de rseau et de prsentation distribue voire de transactionnel distribu. Le cot des processeurs en 1980 entrana de les connecter directement au rseau sous le systme d'exploitation GCOS6 compltement diffrent du NPS (le logiciel du processeur frontal). La seconde impuret vint de la dcision de supporter les rseaux pr-DSA sans altration du logiciel GCOS sur les grands systmes DPS-8. Si GCOS7 dvelopp Paris fut un peu plus orthodoxe, la coexistence avec le frontal prcdent (URC/MLA) et la connexion de logiciels serveurs transactionnels ne collait pas avec le principe de l'ouverture de session chaque transaction.
Un autre problme de DSA fut celui de concessions de dtail faites aux autres partenaires des comits ISO dans la dfinition des standards, si bien que l'implmentation de DSA tait peine termine qu'une nouvelle gnration OSI se profilait l'horizon. De plus, CII-HB et Honeywell se refusrent ouvrir les standards DSA aux processeurs extrieurs au groupe, probablement pour garder la matrise d'oeuvre des volutions estimes ncessaires.

A la fin des annes 1970, il rgnait en France une certaine paranoa sur les consquences de la suprmatie amricaine dans les technologies informatiques et de tlcommunications et le succs de la srie 360 et de ses clones tait vu comme le ferment destructeur de la langue franaise et de notre culture. Un rival potentiel d'IBM -le groupe AT&T- tait vu avec moins d'antipathie mais apparaissait aussi menaant sur le long terme. L'atmosphre de l'poque se retrouve dans le rapport Nora-Minc qui recommandait une intervention publique pour, non seulement assurer la survie de CII-HB, mais aussi faire barrage la suprmatie de IBM en tablissant des services publics de tlmatique.
Il est vraisemblable que cette paranoa n'tait pas entirement partage dans le groupe CII-HB dont les quipes travaillaient sur une base mondiale en troite collaboration avec des amricains plus mme que les journalistes franais de juger des forces et des faiblesses de IBM. L'action de CII-HB se poursuivit dans un contexte international en particulier dans les comits de normalisation en recherchant l'alliance tactique avec les anciens partenaires de CII (ICL et Siemens) et avec Digital pour essayer de borner les prtentions hgmoniques de IBM. Ils savaient aussi que IBM tait plus menac par les lois anti-trust amricaines que par les rodomontades des gouvernements indiens, nigrians ou franais.

Minitel

 Il me semble que les relations technico-politiques entre CII-HB et la DGT ont t quelque peu distantes la fin des annes 1970, au moment o la DGT prparait son plan Tltel qui consistait valoriser la distribution de l'annuaire tlphonique avec des services tlmatiques valeur ajoute comme l'accs (payant) d'autres bases de donnes comme les horaires SNCF ou les cours de bourse. Ce plan tait purement applicable la France et la participation de CII-HB puis du groupe Bull au rseau connu sous le nom de Minitel fut gr dans le contexte d'un systme spcial au sein du rseau commercial France. Le choix du Mini-6 comme base principale des serveurs du rseau Minitel donnait Bull un march incontestable. L'offre de fabrication des terminaux domestiques fut dcline par Bull, les usines ne pouvant passer efficacement au rythme et au prix demand par la DGT.
Les consquences de l'introduction du Minitel chez les consommateurs furent minimises en se contentant de supporter le Minitel 1B comme un simple Teletype dans les applications. Le service de courrier lectronique qui tait un des piliers d'un service public tlmatique ne fut gure tudi par Bull qui se contentait pour son usage propre d'utiliser un rseau Bulltext fond sur un logiciel spcial de provenance externe.
Le rseau Minitel a t une russite technique incontestable. Le service d'annuaire tlphonique gratuit a rduit les cots de la DGT, mme si les support publicitaire des Pages Jaunes a justifi le maintien d'annuaires papier. Mais la grande innovation du Minitel a t le "service" de la facturation par l'oprateur rendu aux exploitants de services de base de donnes, aux entreprises et aussi le coup de pouce donn aux entreprises de presse pour fournir des services de chat (messageries roses) ou d'annonces commerciales. A ct de cela la facturation la dure n'a pas encourag les concepteurs de pages Minitel optimiser le temps de recherche par le client. S'il est certain que la facturation la dure par l'oprateur a diminu de manire significative les cots pour le diffuseur de donnes, la passivit du client devant la facturation des annonces connotation publicitaires (tels les horaires SNCF) a tonn les observateurs trangers. Il semble bien qu'en France, ces clients passifs coexistent avec d'autres clients rtifs qui n'ont pas encore acquis aprs 50 ans de poste de tlvision.
Le projet Minitel tait fond sur des terminaux trs bon march qui firent un usage important du rseau TRANSPAC en utilisant des PAD spcialiss pour leur rattachement aux serveurs Minitel via X.25. Cependant au mme moment commenait se rpandre en Europe la premire gnration de micro-ordinateurs domestiques -avec processeurs 8-bits-. A l'tranger une bonne partie du service Minitel tait assur par les BBS coupant un peu l'herbe sous les pieds d'une exportation du Minitel. Certes CEEFAX tait le Tltel britannique, mais les amorces de privatisation de British Telecom n'taient pas favorables la distribution gratuite de terminaux aux abonns domestiques et le standard CEEFAX resta d'une diffusion confidentielle.

Plan IPT

Un autre plan de services tlmatiques naquit en dehors de la DGT sous l'impulsion du gouvernement dans la premire moiti des annes 1980, c'est le plan "Informatique pour Tous" visant installer l'informatique dans les lyces et collges. A l'tranger -Canada, Scandinavie, certains tats amricains-, cette introduction se faisait progressivement utilisant des ordinateurs Apple II ou Commodore parfois connects de s rseaux universitaires ou des BBS. le plan "informatique pour tous" fut initialement envisag avec des Apple Macintosh de la nouvelle gnration avec la mme philosophie. Le Mac avait contre lui d'tre cher et la volont politique de faire un plan d'quipement identique pour toute la France fut de faire au niveau de chaque tablissement un nanorseau avec des compatibles PC (Micral ou Goupil) comme serveurs et des machines Thomson 8-bits comme clients. Ce plan fut dploy avant de savoir quel contenu serait install. Au total, ce fut un fiasco qui discrdita l'informatique auprs d'enseignants gure enclins la technologie, ce qui dtruisit une des chances de modernisation de l'enseignement, non seulement en France mais en Francophonie. Il ne semble pas que la DGT ait eu une part quelconque dans ce plan de services spcialiss de tlmatique. Quant aux constructeurs leur participation se limita une action commerciale pour obtenir la part la plus grande possible de cette dotation budgtaire.

Open Systems

A cette mme poque (1983-1985), la direction de Bull SA (nationalise et ayant regroup presque toutes les ressources de l'informatique franaise) s'avisa que DSA n'tait vue par le march et le rseau commercial Bull que comme une simple rponse SNA de IBM, et que la rponse la domination amricaine ne pouvait venir que d'une politique volontariste l'chelon europen, qui imposerait une batterie de standards ce qui obligerait IBM (et ses clients?) passer sous les fourches caudines de standards obligatoires (UNIX au niveau des systmes d'exploitation) et la pile OSI au niveau des rseaux, ces standards devant relguer aux oubliettes de l'histoire SNA , OS/MVS et autres PC-DOS.
Certes, dans la communaut universitaire amricaine, TCP/IP faisait bon mnage avec UNIX et tait livr en standard avec la version Berkeley. Bull se dfiait-il des initiatives universitaires ou pensait-il indispensable une alliance avec AT&T pour se dfaire de IBM ? ou bien croyait-il vraiment aux affirmations que ses produits DSA tait facilement adaptable aux systmes ouverts ? Toujours est-il que la stratgie de la Compagnie fut dirige vers le modle de systmes ouverts base de UNIX, mais d'un UNIX dont la compatibilit se limitait aux interfaces et protocoles d'applications. Ce n'tait en aucune mesure la tendance aux logiciels la carte ni fortiori des logiciels libres tels que connus la fin des annes 1990. L'ide tait de regrouper logiciel de base et matriel pour obtenir des revenus gaux et des cots infrieurs aux systmes propritaires dont l'abandon tait envisag pour la fin des annes 1980. 

La ralisation de la pile OSI ne devait pas entraner de changements importants de matriel. Le Mini-6 du dbut tait remplac comme Frontal par un MainWay base de microprocesseurs 68000 mais le logiciel avait fait l'objet d'un portage. Les dveloppements des logiciels OSI avaient entrepris dans le cadre d'un projet command par France Tlcoms et l'EDF qui avait auparavant choisi de dvelopper ses protocoles Retina pour ne pas choisir entre SNA et DSA  et qui maintenant s'alignait sur OSI.
Cependant, les utilisateurs UNIX y compris les utilisateurs internes et y compris IBM qui collabora avec Bull sur AIX depuis 1992 ne pouvaient ignorer longtemps la vague Internet fonde sur TCP/IP.


Ordinateur Personnel et Rseaux

L'autre fait dcisif fut le dveloppement de l'ordinateur personnel autour de l'architecture IBM PC qui dplaa la discussion sur les terminaux et les rseaux locaux. Lors de la conversion de Microsoft Internet fin 1995, la partie tait joue et les constructeurs ni IBM, ni fortiori Bull ne pouvait plus que constater l'existence d'un standard de facto. Il semble que certains architectes du milieu tlcoms persistaient esprer que Internet garderait un caractre exprimental et que le besoin du multimdia (son et images animes) imposerait de nouveaux standards aux autoroutes de l'information. 
Cette ide remonte probablement aux annes 1980. Les architectes de la DGT avaient tendance une segmentation des rseaux en fonction des applications (rseau de transmissions de texte, rseau de transmission de la voix, rseau de transmission de la tlvision, rseau de transmission de la tlvision HD) rseaux dont chacun devait tre optimis de bout en bout avec des initiatives de l'administration. 

L' approche en gnrations successives de rseaux et de la fragmentation de l'offre tait en opposition de phase avec la plupart des clients et avec l'industrie informatique qui privilgiait une utilisation des tuyaux disponibles pour faire passer, fut-ce au chausse-pied, les informations ncessaires. Des inventions telles que l'utilisation des algorithmes de compression, la stratgie de transmission avec risque de perte de paquets (UDP/IP)  rpondirent plus ou moins bien aux besoins sans attendre la disponibilit des nouveaux rseaux.
Le besoins en transmissions internationales aussi bien pour les entreprises que pour les individus afin d'accder aux bases de donnes Web dont la localisation devenait peu importantes (les astronomes, mme amateurs,  se connectent de faon transparente dans la mme activit Strasbourg, Brme ou Pasadena). Cette dimension internationale a fait du rseau tlphonique avec des modems de plus en plus rapides, des rseaux IP de datagrammes optimiss par l'exploitation de la boucle terminale en ADSL la base de la tlmatique de l'an 2000. Une autre raison du succs d'Internet a t la facturation un prix voisin de son cot marginal, un peu par son utilisation en support publicitaire mais surtout par suite de la concurrence qui a suspendu le privilge du monopole dcider de ses investissements et permis un perfectionnement progressif d'un rseau unifi. Certes, le service de tlvision HD la demande n'est pas encore tout fait disponible. Certes la tlmatique sur mobiles est encore dfectueuse, mais les barrages qui limitaient la plupart des attentes relles du consommateur ont cd sans que les rvolutions de l'introduction de nouveaux rseaux soient ncessaires.

Internet

Le rseau Internet, tel qu'il s'est impos, est fond sur des axes principaux reliant les principaux FAI (fournisseurs d'accs Internet) par des liaisons loues (directement aux oprateurs ou par l'intermdiaire de grossistes qui les louent aux oprateurs rels). Il est connect aux utilisateurs soit par des rseaux locaux (LAN) privs soit par des liaisons du rseau public. Dans ces dernires liaisons, le rseau tlphonique commut (RTC) assurait par l'intermdiaire de modems l'essentiel du trafic tant que l'ADSL ne rendit la connectivit Internet quasi-permanente pour de plus en plus d'utilisateurs. Cependant, on ne doit pas sous-estimer l'impact du standard PPP qui permet plusieurs liaisons Internet de coexister sur la mme liaison, de manire quasi invisible l'oprateur tlphonique, sparant dfinitivement le concept de circuit virtuel vu par le tlphoniste de son image pour l'informaticien.

Fax

La transmission des images sur des lignes de tlcommunication est antrieure l'arrive de l'ordinateur. Les PTT, dans le cadre du CCITT, peut-tre pousss par les Japonais qui ne disposaient pas encore de wodpuro, normalisrent plusieurs standards dont le groupe 3 de transmission sur le rseau tlphonique commut s'imposa au dbut des annes 1980. Le prix des machines fax devint la porte des petites entreprises et de certains individus, ports par les marchs asiatiques.
Lorsque les modems commencrent se standardiser pour les (relativement) hautes vitesses, les US Robotics et autres Hayes n'eurent pas beaucoup de mal ajouter l'option fax sur les modems offerts sur le  micro-ordinateurs. C'est ainsi que le fax sur micro avec imprimante et scanner se mit lui-mme faire concurrence aux tlcopieurs spcialiss.
Certes les communications tlphoniques internationales taient plus onreuse que le tlex, mais la quantit d'informations transmises par fac-simil un correspondant ne parlant pas votre langue tait nettement suprieure un coup de  tlphone de mme dure.

Le fax fut ainsi roi pendant la priode 1985-1995 sans que les oprateurs y aient beaucoup pris garde. Ce n'est qu'avec le dveloppement d'Internet et la gnralisation de micro-ordinateurs individuels que cette vogue a commenc une dcroissance.

En particulier le fax sur rseau intgration de service (ISDN) -groupe 4-fut globalement un chec.

Rseau Numrique Intgration de Services (RNIS)

A l'aube des annes 1990, le RNIS (en anglais ISDN) semblait promis un brillant avenir. Aussi bien les oprateurs historiques que Microsoft y voyait un moyen de faire parvenir la tlmatique au domicile des particuliers en leur offrant une liaison 64 Kbps sans occuper leur liaison vocale. 
Cet optimisme fut du par la politique tarifaire des oprateurs qui voulurent d'abord percevoir la manne correspondant l'quipement des entreprises(agences bancaires, agences de voyage) pour lesquelles les RNIS reprsentaient des solutions conomiques pour connecter en mode "texte" de petits rseaux locaux. Mais les tarifs restaient dissuasifs pour des utilisateurs individuels qui au mme moment se trouvrent sollicits par le lancement des rseaux de tlphonie mobile et qui on faisait miroiter des solutions beaucoup plus rapides que le RNIS.
Les crateurs de contenu pour Internet, surfant sur la vague des outils multimdia normes consommateurs de bande passante, eurent leur part de responsabilit dans une attente de bande passante bien suprieure l'incrment que proposait le RNIS.
La disponibilit de l'ADSL (et des modems sur le cble) a finalement scell le destin du RNIS qui conservera une utilit marginale dans des rgions mal desservies par des solutions plus rapides, mais dans un contexte diffrent, celui de la drgulation et de la concurrence. La lenteur dans le dploiement des rseaux ISDN a fait perdre une chance aux oprateurs historiques.

Impact de l'infogrance

Depuis la fin des annes 1980, de plus en plus de socits ayant dvelopp leurs propres systmes d'information et souvent leur propre rseau cherchent rduire leurs cots en externalisant leur dpartement informatique. Mme des groupements mutualiss comme le centre de rservations des compagnies ariennes SABRE se fait absorber par la socit d'infogrance EDS. IBM constructeur cde progressivement la place IBM Global Services. L'ide des annes 1970, l'apoge des rseaux de "time-sharing" de distribution  de puissance informatique par l'intermdiaire du rseau est en train de r merger par le biais d'un oligopole de gros fournisseurs ayant une couverture mondiale et desservent par un mme rseau protiforme postes de travail et ordinateurs personnels. Cette concentration  de l'informatique oprationnelle se retrouve dans celle des serveurs d'informations o l'hbergement mutualis devient la rgle et qui ont probablement vocation tre regroups dans les mmes installations que l'informatique traditionnelle. 
Par contre le risque de confusion entre fournisseurs de contenu et fournisseurs de tuyau redout dans les annes 1970 et annonc comme invitable (voire souhaitable quand le promoteur tait franais) dans les annes 1990  s'amenuise quelque peu. Internet se montre particulirement rluctant la concentration des contenus (cf. le piratage du monopole des majors en musique).

Rseaux de Tlvision

On ne saurait tre complet sans voquer un problme qui n'a pour le moment gure concern les informaticiens, c'est celui de la diffusion de la tlvision. A l'aube des annes 1980, un rseau de diffusion hertzienne couvrant une portion de bande VHF (traditionnellement attribue la tlvision dans tous les pays) diffusait des programmes dans le cadre du monopole de l'ORTF. Il tait pour l'essentiel aliment par faisceaux hertziens de ce qui deviendra TDF. Comme dans beaucoup de pays, la tlvision pouvait s'tendre dans la bande UHF. L o en Amrique, cette bande devait tre utilise pour des chanes mineures prives, en France, on dcida de profiter de l'ouverture de cette bande pour basculer les chanes publiques du standard 819 lignes au standard europen en 625 lignes. Le monopole fut abandonn au profit d'un oligopole de socits au capital plus rglement que le contenu et la rduction du service public 2 chanes principales (compltes plus tard par Arte et la Sept). En mme temps, une chane crypte page se faisait allouer les frquences libres sur la bande VHF. Au dbut des annes 1980, le Japon lanait un nouveau rseau de tldiffusion haute dfinition MUSE qui semblait prsenter une menace pour les quipementiers et les fabricants de tlviseurs europens qui venaient de conqurir le march amricain (Philips-Magnavox, Thomson-RCA). Les ingnieurs de ces socits s'efforcrent de torpiller les initiatives japonaises en imaginant une introduction trs lente de la TV HD par tapes successives (cran 16/9, D2Mac,...) qui avaient l'avantage leurs yeux d'obliger la clientle un renouvellement rapide de leur parc. La disponibilit de la technologie informatique leur permit d'introduire une confusion supplmentaire, celle de la technologie numrique applique dj au tlphone, de multiplexage temporel sur une frquence. Cette stratgie de multiplication des canaux au dpens de la TV-HD repousse aux calendes grecques obtint rapidement la faveur des diffuseurs de programmes, et celle de nouveaux oprateurs de tlvision cble. Ne aux tats-Unis o il n'y avait pas de monopole sur les tranches, cette formule se dveloppa d'abord sous forme analogique (par multiplex de frquences) et fut l'origine du plan cble franais. Technologies coaxiales en cuivre et fibre optique pouvaient se dvelopper en parallle du moment que le cble supportait sous ces deux formes une trentaine de programmes. Ce nombre dpassa  la centaine lorsque le multiplex numrique fut install sur les mmes cbles.
 Cette diffusion par cble approprie aux secteurs bien urbaniss avait la faveur d'un pouvoir politique soucieux de prserver ses citoyens des informations trangres et des diffuseurs soucieux de prserver leurs "droits" cinmatographiques et sportifs sur les contenus et attribus sur une base gographique. L'incapacit de cbler les rgions rurales finirent par faire tolrer la rception directe par satellite qui offrait une alternative au cble et permettait des diffuseurs comme CNN et les tlvisions trangres d'arroser un continent entier. Le passage au numrique sur des bandes d'hyperfrquences permit d'atteindre le millier de chanes sur une mme position de satellite, avec bien entendu les contraintes de rception (vue directe du satellite). L o l'Allemagne privilgiait la tlvision publique et gratuite, il faut noter que tant sur le cble que le satellite, la France faisait (et fait encore) payer la rception de ses chanes publiques. On peut rapprocher cette attitude de celle prise sur le Minitel.

Les espoirs mis sur le cble pour multiplexer la tldiffusion avec des services interactifs n'ont pas t confirms. Des services interactifs existent certes, tant sur le cble que sur le satellite, mais l'oprabilit en est dfectueuse et l'espoir caress par les fabricants de tlviseurs de concurrencer les ordinateurs domestiques que par les diffuseurs de leur donner des services ajouts (tlachats, pages additionnels) sont donn des rsultats peu convaincants. Doit-on en rendre responsable le systme lui-mme ou le modle conomique sous-jacent ? Je ne saurais trancher, mais suis inclin imputer l'chec au modle conomique.
Au dbut des annes 1990, le problme de la tlvision la demande, c'est dire de la diffusion d'une transmission tlvisuelle en point point refit surface. Une migration de la tldiffusion vers une transmission des images  la carte aurait eu bien entendu un gros impact sur la demande d'extension du rseau dans tous ses aspects. Actuellement, et depuis la fin des annes 1990, Internet haut dbit permet la diffusion individuelle de clips vido voire de chanes de tlvision la demande vers un ordinateur individuel dans des conditions tolrables, mais infrieures la tlvision classique. La principale raison de son utilisation basse dfinition rside dans l'troitesse des tuyaux l'mission entre le serveur du diffuseur et le rseau. Bien entendu les capacits de celui-ci devraient tre significativement agrandies si un usage gnralis de la tlvision la demande se produisait. Mais il est vraisemblable que la demande est limite par la diffrence de confort du spectateur et par la disponibilit d'un large choix de programmes.

Domotique

Il existe un protocole de rseau largement ignor par les informaticiens qui joue dans la vie courante un rle non ngligeable, dans la domotique. La numrotation par frquences vocales naquit, semble-t-il, dans les annes 1950 et russit avec la gnralisation des centraux tlphoniques supplanter la numrotation par impulsions dans les annes 1980, tout en coexistant encore avec celle-ci. Ce protocole pouvait se prolonger bien au del de la simple numrotation dans des quipements domotiques, dans des interrogations de bases de donnes. Ses limites en matire de dbit sont videntes, son utilit parce qu'elle rutilise le clavier du tlphone et mme  des rseaux mobiles ne l'est pas moins. Une technologie identique a t utilise sur des rseaux locaux domestiques (ascenseurs, portiers automatiques). Le march de cette technologie du ct serveur est trs fragment et pas ncessairement optimal, mais il existe et depuis fort longtemps et continuera d'tre utilis pendant longtemps par suite de la fragmentation de ce march.

On notera pour mmoire l'existence de rseaux locaux de communication radio: le rseau DECT numrique essentiellement utilis pour les combins mobiles fonctionnant en liaison avec un poste de donnes principal trs faible porte, le rseau Bluetooth rduit quelques stations ayant vocation l'interconnexion radio d'appareils individuels, et plus rcemment les rseaux WiFi dbit et porte plus important dont l'volution doit reprsenter un composant important de Internet.

Tlcommunication avec mobiles

Enfin, il existe un autre type de rseau o coexistent informatique et tlcommunications, c'est celui des communications mobiles essentiellement utiliss pour les communications tlphoniques. Aprs une exploitation de communications analogiques, le GSM numrique a eut un succs retentissant dans tous les pays du monde (des versions incompatibles du point de vue strictement rseau existent aux USA et au Japon). Le taux d'quipement mondial approche le niveau des lignes fixes. Son utilisation informatique, le WAP, sur PDA ou directement sur l'cran minuscule du mobile a t un chec spectaculaire par suite de la spculation effrne qui a rgn autour de 2000 sur les applications de l'Internet. L'essor spectaculaire du GSM pour le transport de la voix venait d'une aspiration considrable de la demande professionnelle, familiale et d'urgence qui attendait une offre un prix raisonnable.
Le perfectionnement GPRS risque d'tre beaucoup moins spectaculaire par manque d'applications critiques. Il n'est pas certain que sa version Vidophone soit suffisante pour dclencher une vague d'achats. Il est possible qu'une mode, dtectable au Japon, puisse lui assurer un certain succs condition que les offres tarifaires en soient pas pnalisantes. L'UMTS offrant aux mobiles une bande passante voisine de celle du haut dbit souffre encore pour le moment d'un manque de maturit des appareils informatiques portables en matire d'oprabilit et d'autonomie.

Les liaisons directes par satellites (essentiellement Inmarsat aujourd'hui) doivent aussi constituer un des lments pour une autonomie complte des mobiles l'gard des infrastructures fixes. La dbcle de Iridium et les interfrences des applications militaires semblent devoir retarder ce type de liaison au del de ce qui tait prvisible vers 1995.

 

 

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